‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1614 sur 2407 · XII. Sainte Marguerite, reine d Ecosse · texte numérisé non relu

XII. Sainte Marguerite, reine d Ecosse

Cette môme année, mourut sainte Marguerile, reine d'Ecosse , de la famille des derniers rois anglois. Elle éloit tille d'Edouard, fils d'Emond côte de fer, et fut mariée à Makolme, roi d Ecosse, vers lan mil soixante-dix (1). Elle eut grand soin de Tornement des églises , de l'éducation de ses enfants et de la splendeur de la maison royale. Le roi , par son conseil , Ot tenir plusieurs conciles, où on retrancha des abus invétérés, et on rétablit la discipline de 1 Eglise. Elle y assista et disputa elle-même, et fit ordonner, entre autres choses, que le jeûne du carême commenceroit le mercredi des cendres et non le lundi suivant; que ceuxmêmes qui se senloient pécheurs communieroient à Pâques, après s'y être préparés par la confession et plusieurs jours de pénitence, que l'on sanctitîeroit le dimanche en s'abstenant du travail , que personne n'épouseroit la veuve de son père ou de son frère. Dieu avoil sans doute envoyé en Ecosse celte sainte reine pour y abolir ces restes de barbarie.

Elle jeùnoit deux carêmes entiers,Tun avant Noël, l'autre avant Pâques, récitoit tous les jours plusieurs offices et tout le psautier, servoit tous les jours avec le roi plus de trois cents pauvres, et faisoit d'autres aumônes sans bornes. Se sentant malade à la mort , elle fit une confession générale, et son dernier jour elle entra dans son oratoire pour ouïr la messe et recevoir le viatique; après quoi on la remit au lit. Elle étoit en peine du roi son époux , qui éloit à la guerre assez loin avec ses lils , quand le cadet entra dans sa chambre ; et , comme elle lui demanda des nouvelles de son père et de son frère, il répondit qu'ils se portoient bien ; mais enfin elle le pressa tant , qu'il lui dit qu'ils avoient été tués l'un et lautre il y avoit trois jours. La reine rendit grâce à Dieu de cette dernière affliction , qu'il lui envoyoit pour l'expiation de ses péchés, et mourut inconlin ni après. C étoit le seizième de novembre mil quatre-vingt-treize; toutefois, l'Eglise l'honore le dixième de juin. Sa vie fut écrite environ dix ans après par Thierry de Dunelme, son confesseur, suivant Tordre de la reine Mathilde , sa fille, épouse de Henri I'^, roi d'Angleterre.

Xin. Conrad se révolte contre l'empereur, son père. En Italie, Anselme, archevêque de Milan,

(1) BoU. 10 juD. to. 20>p. 3iO.

mourut le quatrième de décembre mil quatrevingt-treize, après avoir tenu ce siège sept ans et cinq mois. Il éloit tort zélé pour le parti catholique, et avoit couronné peu de temps auparavant le jeune roi Conrad , fils de l'empereur Henri, révolté contre son père. Anselme eut pour successeur Arnoul III, qui tint le siège de Milan près de quatre ans (1).

Le sujet de la révolte de Conrad fut que l'empereur prit en haine Adélaïde , son épouse, la mit en prison, et permit à plusieurs hommes de lui faire violence, exhortant même son fils à en abuser. Comme il refusa de commettre ce crime avec sa belle-mère, Henri dit qu'il n'étoit pas son fils, mais d'un seigneur de Souabe, à qui en effet il ressembloit fort -2;. Le jeune prince, irrité, se relira d'auprès de son père, et se joignit au parti de Guelle, duc de Toscane, et des autres catholiques. Les villes de Milan, Oémone, Lodi et Plaisance se déclarèrent pour lui, et firent une ligue de vingt ans contre Henri. Ce prince trouva moyen de prendre son fils, mais il lui échappa; et, étant soutenu par le duc Guelfe et Mathilde, son épouse, il fut couronné roi par l'archevêque de Milan, et l'empereur, son père, réduit à s'enfermer dans une forteresse , où il demeura long-temps sans porter les marques iW sa dignité, et vint, dit-on, à un tel désespoir qu'il se seroil tué si les siens ne l'en eussent empêché. A la fin de cette année mil quatrevingt-treize, il étoit à Vérone avec l'antipape Guibert, qui feignit de vouloir renoncer au pontificat si la paix de l'Eglise ne pouvoit être autrement rétablie (3). Cependant le pape Urbain éloit à Uome,où il célébra solennellement la fête de Noël. Il savoil que plusieurs guibertins y éloient encore cachés; mais il ne voulut pas les en chasser, parce qu'il eut fallu le faire à main armée et troubler la tranquillité de Rome.

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