LIVRE SOIXANTE QUATRIÈME
(1) Gauf. ni, c. 19. Dfplo. ap. Pirrum. to. 1 , p.
(2) D;p. ap. Pirrum. to.
1) p. 398. Dip. ap. Fanzel.
(3) Orderic. lib. ni , p.
(i) Gauf. IV, c. 7. Ap.
Rocc. to. 2, p. 10.
sa bouche, comme à son fils spirituel, de protéger lEglise et procurer son accroissement de tout mon pouvoir. C'est pourquoi , ayant délivré la Sicile des Sarrasins, j'y ai bâti deg églises en divers lieux, et j'y ai établi des évêques par Tordre du pape, qui les a sacrés. J'ai donné à chacun son diocèse et des revenus suffisants, afin qu'ils n'entreprissent point lun sur l'autre. De ce nombre est Ansger, prieur de Saint-Euphémie, que j'ai donné pour abbé et évêque à la ville de Catane ; et par la permission du pape Urbain II, qui l'a sacré, je donne la cité de Catane pour être le siège de 1 abbaye et de l'évéché. Ensuite est le dénombrement des terres qu'il lui donne dans le diocèse. Cette charte est du vingt-sixième d'avril mil quatre-vingt-onze (1) ; la même chose parofl par la bulle d'Urbain II, donnée à l'évêque Ansger le dimanche, neuvième de mars de la même année, qui fut apparemment le jour de son sacre , oii il marque que le même sera toujours abbé du monastère de Saint-.\gathe et évêque de Catane. Ansger tint ce siège jusqu'à l'an mil cent vingt-quatre.
La plupart de ces évêchés de Sicile furent rétablis en mil quatre-vingt-treize, comme le témoigne le comte Roger dans une charte pour l'église d' Agrigente o t Gergenti , par laquelle il marque l'étendue de ce diocèse. Son premier évêque fut Gerland , natif de Besancon, parent du comte Roger et de Robert Guischard , son frère , qui le firent venir en Calabre. Là il fut élu chantre de l'église cathédrale de Mélit; mais, ne pouvant souffrir les mœurs dépravées des habitants, il retourna à Besançon, d'où le comte Roger le rappela pour le faire évêque de Gergente. Il fut sacré par le pape Urbain II, et tint ce siège douze ans. Il est honoré comme saint le vingt-cinquième de février, jour de sa mort (2).
Le premier évêque de Mazar fut Etienne de Fer, natif de Rouen, aussi parent du comté Roger, qui, par une charte du mois d'octobre mil quatre-vingt-treize, lui marqua l'étendue de son diocèse. Etienne vivoit encore l'an mil cent vingt-quatre. Le premier évêque de Syracuse fut Roger, doyen de l'église de Traîne, recommandable par sa vertu et par son savoir (3). La ville de Traîne fut fort affligée de sa perte, parce qu'il gouvernoit le diocèse en l'absence de l'évêque , et leur étoit utile par ses bonscx)nseils, même pour le temporel. Le comte Roger le choisit pour évêque de Syracuse, de l'avis des évêques de la province; et il fut sacré par le pape Urbain , qui confirma la désignation des bornes de son diocèse par une bulle donnée à Anagnia le premier jour de décembre mil quatre-vingt-treize. L'évêque Roger mourut l'an mil cent quatre. Outre les évêchés, le comte Roger rétablit plusieurs monastères en Sicile, et en fonda de nouveaux,
(1) Ibid. p. 23.
(2) Ibid. p. 271,973.
(3) Ibid. p. 500. Gaufr.
IV, c. Pirr. to. 2, p. 251.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
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