‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1658 sur 2407 · XLVI. Prise de Nicée · texte numérisé non relu

XLVI. Prise de Nicée

Ce fut là que se rassemblèrent les seigneurs francs qui étoient partis les uns après les autres, et ils mirent le siège devant Nicée le quatorzième de mai mil quatre-vingt-dix-sept, jour de l'Ascension. Ayant fait la revue de leurs troupes , ils trouvèrent cent mille cavaliers armés, et de gens de pied, en comptant les femmes, six cent mille. Nicée, qu'ils assiégeoienl , est la même où fut tenu, l'an trois cent-vingt-cinq, le premier concile général; et elle étoit alors au pouvoir de Soliman-Scha, fondateur de la troisième dynastie des Turcs Seljouquides , qui est celle de Roum ou Natolie. Ce prince étoit fils de Cotloumiche, petit-fils de Seljouc, et cousin-germain de Togroulbec, dont j'ai parlé en son temps (3). Mélic-Scha, son second successeur, envoya Soliman faire la guerre aux Grecs en Natolie, et il y fil tant de conquêtes, qu'il s'y établit entièrement dès l'an quatre cent quatre-vingt de l'hégire, mirquatre-vingt-sept de J.-C,

Le pape écrivit en même temps à l'empe- 1 ^t y régna vmgt ans. Sa capitale etoit Coureur Alt^xis une lettre où il dit qu'après la I niet ou Cogna, qui est 1 ancienne Iconie.

(1) INIaUh. XXHI, 2i. (l) Fulcher. c. 3. Chr.

2^ Ep. 03. Cass. IV, c. 11. Udcric. i\,

(3> Chr. Casaur. lo. 5, i). 72i.

Spiril. p. 470.

Nicée fut prise par composition le vingtième de juin, et se rendit à l'empereur Alexis, du consentement des seigneurs croisés, mais au grand déplaisir de leurs troupes, qui s'étoient attendues à la piller (1).

Par les traités que les princes croisés avoient faits avec l'empereur Alexis, ils lui avoient fait hommage, et avoient promis de lui remettre toutes les places de l'empire qu'ils prendroient sur les infidèles, ou les tenir de lui pour ses vassaux ; et l'empereur, de son côté, devoit joindre ses forces avec les leurs, et leur fournir des vivres pour les aider à la conquête de Jérusalem. Mais comme l'empereur ne tint rien de ce qu'il avoit promis , les croisés prétendirent être quilles de leur serment. Ainsi, continuant leur route après la prise de Nicée , ils prirent grand nombre de places dans la Natolie, où ils mirent des garnisons et des gouverneurs pour les garder en leur nom. Ils avoient déjà pris Tarse et le reste de la Cilicie, quand Baudouin, frère duduc deGodefroy, se sépara de la grande armée, et prit à gauche vers le nord, conduit par un noble arménien nommé Pancrace (2) ; il vint en peu de temps jusqu'à l'Euphrale, car tout le pays étant peuplé de chrétiens , se rendoit volontiers à lui. Sa réputation le fit même appeler à Edesse, doutions les habitants étoient chrétiens, et avoient pour gouverneur un vieux Grec incapable de les défendre • Bauduoin fut donc reconnu prince d' Edesse, s'y établit, et y fonda un puissant état.

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