‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1657 sur 2407 · LIVRE SOIXANTE-QUATRIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE-QUATRIEME

résolution prise au concile de Clermont de faire la guerre aux Sarrasins , le nombre des croisés s'est trouvé monter à trois cent mille hommes. Il lui en nomme les chefs, entre lesquels il dit que Boémond mène sept mille homme choisis. Il prie l'empereur de donner les ordres nécessaires pour la subsistance de ces troupes, et de favoriser de tout son pouvoir une guerre si juste et si glorieuse. Mais l'empereur Alexis y étoit peu disposé (1). Il fut terriblement alarmé de voir ses états inondés de ces troupes innombrables de Francs que les Grecs traitoient de barbares, et qu'ils crurent avoir été signifiés par des nuées de sauterelles qui les avoit précédés. L'empereur craignoit surtout Boémond, dont il avoit éprouvé la valeur et la conduite. Il croyoit que la croisade n'étoit qu'un prétexte, et que ce prince ambitieux en vouloit à sa couronne, et ne prétendoit pas moins que se faire empereur de Conslanlinople. Ces soupçons portèrent Alexis à traiter les seigneurs croisés avec honneur, mais leur nuire en effet de tout son pouvoir, et ils ne lui en donnèrent que trop de sujet. Les troupes qui campoient près de Conslanlinople, abaltoienl et brùloient les belles maisons qu'ils Irouvoient dans la campagne (2) , et décoiivroient les églises pour vendre le plomb aux Grecs mêmes, ce qui pressa l'empereur de leur faire passer rilellespont , nommé dès lors le bras Saint-George ; mais ils ne se conduisirent pas mieux en Asie, où ils pilloient et brùloient les maisons et les

églises.

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