‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1671 sur 2407 · LX. Justification d'Ivcs de Chartres · texte numérisé non relu

LX. Justification d'Ivcs de Chartres

Ives de Chartres avoit appris que le pape Urbain ètoit irrité contre lui , et n'en voyoit point d'autre occasion que la lettre qu'il avoit écrite en mil quatre-vingt-dix-sept (2) à Hugues, archevêque de Lyon , au sujet de l'élection de Daimbert à l'archevêché de Sens. Il écrivit donc au pape qu'ayant relu cette lettre, loin d'y trouver rien contre l'église romaine, il y Irouvoit plusieurs choses pourelle. Car, dit-il (3), je n'ai eu d'autre intention que de remédier aux murmures que j'entends tous les jours, en vous faisant avertir par cet ar-

chevéque, à qui vous confiez vos desseins , de peser tellement vos décrets avec vos légats, que l'Eglise n'en fût point surchargée , que celui qui les auroit trangressés fût puni , de sorte que les autres se corrigeassent par|son exemple , et que votre réputation demeurât entière. Voilà ce qui justifie la lettre. Mais l'archevêque y ayant trouvé quelques paroles qui n'éloicnt pas à son gré , principalement touchant la primatie de Lyon , a voulu vous faire entrer dans sa passion, sans avoir égard à mes intentions. Permettez de dire ce qu'on pense. Je ne crois pas qu'il y ait personne en deçà des monts qui ait souffert autant d'affronts et d'injustices que moi , pour vous avoir été fidèle et avoir soutenu vos ordres.

Mais puisque ces paroles vous ont irrité, ce n'est pas à moi à contester avec vous ; et j aime mieux renoncer à l'épiscopat que de soutenir votre indignation, jusleou injuste. Si cette satisfaction vous plaît , recevez-la : si vous n'en voulez plus, ajoutez -y. Je serai peut-être plus utile à l'Eglise par mon exemple, étant particulier , que je ne suis par ma parole , étant évêque. Il y a sept ans passés que je cultive , selon mon pouvoir , la vigne qui m'a été confiée , sans y trouver de fruit ; mettez-moi en liberté la huitième année. Si je ne le fais par votre permission , il faudra que je le fasse par nécessité , à cause de l'inimitié du roi, qui s'est renouvelée contre moi pour l'ancien sujet ; c'est que le roi Philippe avoit repris Bertrade, et à cause de mes diocésains , que ni la crainte de Dieu, ni la honte de l'excommunication ne peut obligera quitter les sacrilèges qu'ils commettent dans les églises, et à reconnoîtrc la justice.

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