XLIX. LeUre au roi des Mercieos
Ce fut apparemment de ce concile que saint Boniface écrivit à Ethelbade, roi desMerciens,
(1) Ep. 25.
(3) Olh.l.l,c.25.Act.t.
(1) Zac. Ep. 9.
(2) Vit. S. Bon. per Och.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
[ An de J.-C. 745.
car il y parle en son nom et de sept autres i évéques , savoir , Abel , archevêque de Reims, saint Burcard, saint Villebalde et quatre autres moins connus (1). Il commence par louer ce roi de ses aumônes et de sa vigueur à réprimer les violences et à maintenir la justice et la paix dans son royaume ; puis, entrant en matière, il dit : Nous avons appris avec bien de la douleur, que vous n'avez jamais épousé de femme légitime , mais que vous vous abandonnez à la débauche même avec des religieuses. Il lui rapporte les passages de l'Ecriture qui marquent l'énormité de ce péché , compté entre ceux qui excluent du royaume de Dieu (2) , puis il ajoute : Les païens mêmes punissent l'adultère et la débauche dans l'ancienne Saxe. Si une fille a déshonoré la maison de son père , ou si une femme a manqué de fidélité à son mari , quelquefois ils la contraingnent à se pendre elle-même, et, après l'avoir brûlée , ils pendent sur le bûcher celui qui l'a corrompue ; quelquefois ils assemblent une troupe de femmes, qui mènent la coupable par les villages, et, lui ayant coupé ses habits jusqu'à la ceinture, la déchirent en la fouettant, et la piquant avec des couteaux jusqu'à ce qu'ils la laissent pour morte.
Il lui représente ensuite la conséquence de son exemple pour ses sujets , que la nation des Anglois étoit décriée par la débauche en France et en Italie, qu'en punition de semblables crimes Dieu avoit abandonné aux Sarrasins l'Espagne , la Provence et la Bourgogne. Que la débauche attire souvent l'homicide , parce que les malheureuses qui se sont laissé corrompre , détruisent leurs enfants pour couvrir leur infamie, et les font périr quant au corps et quant à l'àme.
Il se plaint encore que ce roi , sans respecter les privilèges des monastères, en usurpe les biens , et souffre que les gouverneurs imposent aux moines et aux prêtres une servitude plus grande que sous ses prédécesseurs, entre lesquels il lui donne l'exemple des rois Céolred et Osred morts malheureusement en punition de semblables excès.
Il accompagna cette lettre de deux autres : TuneàEdbert archevêque d'York, successeur de Vilfrid II , l'autre au prêtre Héréfrid en qui le roi avoit confiance (3). Il leur marque qu'il n'agit en cette occasion que par affection pour la patrie , par zèle pour le salut du roi , et pour exécuter l'ordre du pape , qui , l'envoyant prêcher aux peuples de Germanie , l'a chargé de travailler à ramener tous les chrétiens qu'il trouvera égarés du bon chemin. Il prie l'archevêque de lui envoyer quelques ouvrages de Bède , et lui envoie de son côté quelques lettres de saint Grégoire qu'il a reçues de Rome, et qu'il ne croit pas qui se trouvent en Angleterre.
(1) Ep. 19. apudBar.an.