XLVII. Baptême in nomine Patna
(1) Vita sanct Liob 10, tom. 4, Act. p. 251.
(2) Vila S. Greg. Triy
n. 10, tom. i, p. 326.
(3) Vila 1.4, Act. p.249.
(4) Apud Boûif. Ep. '^'
Cependant Virgile et Sidonius, prêtres qui travailloient en Bavière sous la conduite de saint Boniface, écrivirent au pape Zacharie, qu'il s'étoit trouvé dans cette province un prêtre qui, ne sachant point le latin, baptisoit en cette forme : Baptiso te in nomine patria et filia^ etSpiritua Sancta , et que Boniface avoit jugé que l'on devoit réitérer le baptême ainsi donné (1). Sur quoi le pape lui écrivit qu'il s'étonnoit de sa décision. Nous ne pouvons, dit- il, consentir que l'on baptise de nouveau ceux que ce prêtre a baptisés ainsi, par une simple ignorance de la langue , sans introduire aucune erreur ; puisqu'on ne baptise point ceux mêmes qui ont été baptisés par les hérétiques , pourvu que ce soit au nom de la trinité.
XLVm. Gé?ilieb, évéque déposé.
Vers le même temps , c'est-à-dire Fan sept cent quarante-cinq , le prince Carloman par le conseil de saint Boniface fit tenir un concile où l'on examina plusieurs clercs hérétiques séduits par Adalbert et par Clément , et l'on déposa Gévilieb , évéque de Mayence (2). Il avoit succédé à son père Gérold qui , tout évéque qu'il étoit , portant les armes pour repousser les Saxons, fut blessé à mort dans un combat. Pour le consoler on lui donna son fils pour successeur , quoiqu'il fût encore laïque et à la cour. Peu de temps après , il suivit le prince Carloman qui marchoit encore contre les Saxons. Les deux armées étant campées de part et d'autre sur une rivière , l'évêque Gévilieb envoya un valet chez les ennemis s'informer exactement du nom de celui qui avoit tué son père ; l'ayant trouvé , il le pria de venir parler à son maître. Ils se rencontrèrent à cheval au milieu de la rivière , et Gévilieb lui porta un grand coup d'épée, en disant que c'étoit pour venger la mort de son père. Le Saxon tomba mort dans l'eau : l'action de Gévilieb ne fut blâmée de personne, et il continua de faire ses fonctions dévêque.
Mais saint Boniface le reprit dans le concile, soutenant qu'un homme coupable d'homicide ne pou voit exercer le sacerdoce. 11 ajoute qu'il l'avoit vu de ses propres yeux se divertissant avec des oiseaux et des chiens , ce qui n'étoit point permis à un évéque. Gévilieb fut condamné par le concile et déposé de l'épiscopat. Il menaça d'abord de se pourvoira Rome; mais ensuite, voyant le jugement du concile soutenu par l'autorité séculière, il se soumit.