XXII. Concile de Londres
En ce temps-là, et à l'occasion de cette assemblée, Anselme tint un concile national à
(1) Edmer. 3, Novor. Florent, Vigorn.Cbr. Epist.99.
HISTOIRE DU CHRIStlANISME.
Londres, dans l'église de Saint-Pierre de Westniinster, par la permission du roi , du consentement des évéques , des abbés et des seigneurs de tout le royaume (i). Anselme y présida , et avec lui s'y trouvèrent Gérard, archevêque d York, Maurice, évèque de Londres, et onze autres évèques , compris les deux qui venoient de recevoir l'inveslilure. Il y eut aussi plusieurs abbés, et les seigneurs y assislèrenl suivant la prière qu'Anselme en tit au roi , alln d'autoriser par le concours dos deux puissances les décrets du concile. Ce qui étoit nécessaire , parce que, depuis plusieurs années, il ne s étoit point ienu de concile en Angleterre. Eu celui-ci , on commença par condamner la simonie , et on déposa SIX abbés qui en furent convaincus , trois qui avoieutrecula bénédiction abbatiale, trois qui ne l'avoient pas encore. On déposa .trois autres abbés pour d'autres causes.
On lit en ce concile plusieurs règlements , doni il ne nous reste que les sommaires en vingt- neuf articles. Yoici les plus remarquables. Défense aux évèques de prendre la charge de tenir i^'s plaids pour les affaires temporelles, €t de s habiller comme les laïques. Tous les clercs en ^é.^éral doivent porter des habits d'une couleur. C'est que les laïques les portoient mi-partis ou bigarrés. On ne donnera voint à ferme lesarthidiaconés. Aucun clerc ne Sj^Ta prévôt ou 'procv'ireur, c'est-à-dire intendan't d'un laïque, ni }Uge de sang {'2). On rtnouvv'ile rordonna.-ice de la continence des clercs ; et on déclare quc ^^^ enfants des prêtres
ne leur p.wront succéc^er^ï^l^;^''^;;«^'^^^-,^f fense aux a>i>^^s /le faire des chevaliers , c està-dire de leur donner la bénédiction solennelle comme les cHéqut^s. Les i»o»"^^s."« f »"^ ront la pénitence q^' parla pe. "°^^^»^" ^^i^"^ abbé, îui ne l'aS^orlra ,Se p. "^^^^ les âmes sont à leur charge. Lcl ^ T^nn?d?.s tiendront point de fermes, ne rec eVi^H ucs églises que de la main des évèques, ^} la^^scront la subsistance néces-^aire aux pn ^^^^ ^"* les desservent. On dé ^lare nulle la pi "«ni^i^se de mariaire fairp r ^^^^^ lèmoins. On dt
omesse fend ,
même aux laique*^^ de laisser croître leurs ^^^^' veux à cause d^^^^ débauches infâmes des jei ^«f gens, contre desquels on prononce anathèi. ^*;- Défense de rendre à des corps morts, à des foi ^taines,or ^ ^ d'autres choses , aucun honneur rep''^" . sans l'autorité de l'évèque (3). Défense ' ^ endre les hommes comme des bêtes : ce qui ^' asqu'alors étoit pratiqué en Angleterre.
Ces articles furent proposés dans le concile unpeuàla hâte, etsans avoir été assez médites; c'est pourquoi saint Anselme ne voulut point les envoyer aux églises d'Angleterre qu'ils ne les eut écrits à loisir et communiques aux évèques à leur première assemblée , pour les arrêter de leur commun consentement. C'est ce qu'il dit lui-même dans une lettre à son archi-
(i) T X p. 728, eiEdm. (3) C. 7, 17, 18, 20,21, :(a) Art. 1, 10, 8, i, 5, 0. Î2,23,28.
[ Ande J.-C. 1102.
diacre, à qui il explique quelques-uns de ces règlements (1). Cet archidiacre ayant excommunié des prêtres qui avoient repris leurs concubines , Anselme confirma l'excommunication ; mais il s'opposa au roi Henri , qui exigeoit des amendes des prêtres qui n'obscrvoient pas les décrets du concile , et lui représenta respectueusement que ce n'étoit pas au prince à réprimer ces abus , mais aux évèques, ou, à leur défaut , à l'archevêque et au primat.