XL. Apologie de clergé de Liège
Robert , comte de Flandre , s'étoit déclaré contre les schismatiques du diocèse de Cambrai : comme il paroi t par une lettre du pape Pascal , où il l'en remercie , et l'exhorte à faire de même à l'égard du clergé de Liège excom-
(1) Narrât, to. 12, Spicil. 60. Sup. liv. lxiv, n. 29. p. 444. Sup. liv. L.Mii, n. (i) Narr.p. 4i0.
[An de J.-C. 1105
munie (i). II l'excite ensuite contre l'empereur, en ces termes : Poursuivez partout selon vos forces Henri, chef des hérétiques, et ses fauteurs. Vous ne pouvez ofl'rir à Dieu de sacrifice plus agréable que de combattre celui qui s'est élevé contre Dieu, qui s elïorce d'ùliT le royaume à l'Eglise , qui a élevé l'idole de Simon dans le lieu saint ; et qui a été chassé de l'Eglise par le jugement du Saint-Esprit , que le prince des apcHres et leurs vicaires ont prononcé. Nous vous ordonnons cette entreprise à vous et à vos vassaux pour la rémission de vos péchés , et comme un moyen d'arriver à la Jérusalem céleste.
Le clergé de Liège répondit à cette lettre par un long écrit adressé à tous les hommes de bonne volonté, qui est l'apologie de tous ceux qui reconnoissoient Henri le père pour empereur légitime (2). Dés lejtitre, ils se déclarent catholiques, et attachés inviolablement à V uniléde l'Eglise ; et ils le montrent encore mieux dans le corps delà pièce, où ils nomment l'église romaine leur mère, le pape Pascal leur père, lapostolique , l'évêque des évêques, l'ange et l'oint du Seigneur, à qui appartient la sollicitude de toutes les églises. Ils reconnoissent aussi pour vrai pape llildebrand ou Grégoire Yll , et déclarent qu ils n'adhérèrent jamais à aucun antipape : ainsi il n'y a aucun sujet de les traiter de schismatiques.
Au fond, ils soutiennent qu ils ne doivent point être réputés excommuniés pour rendre à César ce qui est à César, suivant l'Evangile , contre les nouvelles traditions. Ils rapportent les préceptes de saint Pierre et de saint Paul touchant l'obéissance due aux souverains : puis ils concluent : C'est donc parce que nous honorons le roi, parce que nous servons nos maîtres, non-seulement sous leurs yeux, mais en simplicité de cœur ; c'est pour cela qu'on nous traite d'excommuniés (3). Ils insistent sur la validité du serment, que les évt'ques comme les autres ont fait aux princes depuis un temps immémorial , en recevant d'eux les régales, c'est-à-dire les domaines dépendants de leur couronne. Ils soutiennent que c'est une très-ancienne coutume, sous laquelle sont morts plusieurs saints évêques ; et que ce serment, étant légitime, ne peut être violé sans parjure. Ils ajoutent que la prétention de dispenser de ses serments est une nouveauté introduite par llildebrand.
Ils disent ensuite (4) : Si on lit avec l'esprit de Dieu les saintes Ecritures et les histoires ,on trouvera que les rois et les empereurs ne peuvent point ou diflicilement être excommuniés ; et la question est encore indécise , quoiqu'ils puissent être avertis et repris avec discrétion. Et encore, il ne faut pas trop s'alarmer de ce qu'on nous traite d'excommuniés. Nous croyons