‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1725 sur 2407 · XLIII. Suite àc ra guerre civile · texte numérisé non relu

XLIII. Suite àc ra guerre civile

Mais Henri avoit beau protester de sa sou-

(1) To. 2. Spicil. p, 391 Ep. 10, 12, 13.

An de J.-C. 1106.1

mission envers le pape(1 ),le parti de son fils le tenoit toujours pour schismatique , lui et tous ses adhérents ; et sur ce fondement, aussitôt qu'il eut renoncé à la couronne , l'assemblée de Mayence commença à procéder contre eux.

Plusieurs évéques" furent chassés de leurs sièges, et d'autres comme catholiques envoyés à leurs places, et on en sacra quelques-uns dès les fêtes de Noël mil cent cinq. Le zèle de ces catholiques alla plus loin. Ils déterrèrent les évéques schismaliques , et jetèrent leurs corps hors des églises; entre autres, celui de l'antipape Guibert fut tiré de la sépulture où il reposoit depuis cinq ans dans l'église de Ravenne. On déclara nul tout ce qu'il avoit fait , et en général on suspendit de leurs fonctions tous les clercs ordonnés par des évéques schismatiques jusqu'à l'examen général.

En Italie, cependant, un oflicier de Henri le père, nommé Verner, qui commandoit à Aquin, ayant assemblé des troupes de tous côtés, et gagné quelques Romains par de grandes sommes d'argent, fit élire pape l'abbé de Farfe, sous le nom de Sylvestre, tandis que le pape Pascal étoit du côté de Rénévent. lAlais peu de temps après cet aniipapc fut honteusement chassé par les catholiques.

Les évéques députés vers le pape par l'assemblée de Mayence, étant arrivés à Trente vers la mi-carême, furent arrêtés par un jeune seigneur nommé Albert, qui en avoit eu le gouvernement, et qui disoit avoir cet ordre de l'empereur Henri le père. 11 n'y eut que Gébehard, évêque de Constance, qui, ayant pris des chemins détournés dans les montagnes, passa en Italie, et arriva auprès du pape par le secours de la comtesse jMathilde. Les autres furent traités indignement par Albert qui les avoit pris, excepté Othon, évêque de IJambcrg, dont il étoit vassal. Ce prélat obtint même la liberté de Rrunon , archevêque de Trêves , et du comte Guibert, à la charge qu'ils iroient trouver l'empereur pour traiter la paix avec lui, et rapporter ses ordres louchant les autres prij^-Muiiers. Mais Guelfe, duc de Ravière, vint trois iour*i après avec des troupes de la part du jeune roi , Pour mettre en possession du sièce de Trente le nouvel évêque Gébehard , que les habitants ne vouloient pouit recevoir; il les y contraignit, et intnnula tellement Albert/qu'il relâcha ses prisonniers, et leur

demanda pardon. , r.* j t»a

Le jeune roi célébra à Ronn la fête de Pâques , qui cette année mil cent six etoit le vingt-cinquième de mars, puis vers la mi-juin iV assiégea Cologne, que son père avoit lortificb après en avoir chassé l'archevêque. Pendant ce Jége, qui dura environ un mois, son père, qui èU)H à Liège, lui envoya des députes avec des lettres, iivnt pour lui que pour les seigneurs. Dans la lettre à son iils, il lui reprochoit sa détention à Ringue , et les autres

(1) Ab. Ursperg.

mauvais traitements qu'il avoit soufferts ; puis il ajoutoit : Il ne vous reste aucun prétexte de la part du pape et de l'église romaine , puisque nous avons déclaré au légat , en votre présence, que nous étions prêts à lui obéir en tout, suivant le conseil des seigneurs, de notre père Hugues, abbé de Clugny, et d'autres personnes pieuses. Il prie son fils de lui faire justice, et le laisser vivre en paix , et finit en déclarant qu'il appelle au pape et à l'église romaine. La lettre aux seigneurs contenoit les mêmes plaintes et les mêmes protestations. Après que ces deux lettres eurent été lues publiquement, le jeune roi, par le conseil des seigneurs, envoya aussi des députés à son père avec un manifeste qu'il fitauparavantlire aussi en public par Henri, archevêque de Magdebourg, et qui portoit en substance (1) : Après un schisme d'environ quarante ans, qui a désolé l'empire et l'a réduit à l'apostasie, et presque au paganisme , Dieu nous a regardés en pitié , nous sommes revenus à l'unité de TEglise, nous avons rejeté le chef incorrigible du schisme, Henri, qui portoit le nom d'empereur, et nous avons élu un roi qui est catholique, quoique son fils. Le père a témoigné luimême approuver celte élection , il a rendu les ornements impériaux, nous a recommandé son fils avec larmes , et a promis de ne plus songer qu'au salut de son âme.

Maintenant il revient à ses premiers artifices ; il se plaint par toute la terre qu'on lui a fait injure, il s'efforce d'attirer contre nous les armes des François, des Anglois , des Danois et des autres nations voisines ; il demande justice, et promet de suivre désormais nos conseils ; mais en effet il ne cherche qu'à dissiper cette armée catholique, ravager l'Eglise, et nous replonger dans l'anathème. C'est pourquoi la volonté du roi, de tous les seigneurs et de toute l'armée catholique est qu'il se présente en tel lieu et avec telle sûreté qu'il désirera , afin que l'on examine de part et d'autre ce qui s'est passé depuis le commencement du schisme, que l'on fasse justice au fils et au père, el que l'on termine, sans plus différer, les contestations qui agitent l'Eglise et l'état. Les députés porteurs de ce manifeste ayant eu audience de l'empereur, furent maltraités par ceux de sa suite, avec lesquels ils ne vouloient pas communiquer, les regardant comme excommuniés, et rapportèrent pour réponse que l'on quittât les armes et que l'on indiquât une conférence.

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