‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1729 sur 2407 · XLVII. Saint Brunon de Segnl · texte numérisé non relu

XLVII. Saint Brunon de Segnl

La même année, Boémond, prince d'Antioche, vint en France, cherchant à s'acquitter des dettes dont il étoit chargé, et espérant amener des recrues de nouvelles troupes (2). Ayant donc laissé le gouvernement de sa principauté à son cousin Tancréde, il partit d'Antioche dans l'automne de l'année mil cent quatre, emmenant avec lui Daimbert, patriarche de Jérusalem, qui venoit se plaindre au pape de ce que le roi Baudouin l'avoit injustement chassé de son siège, et mis à sa place un prêtre nommé Ebremard. Boémond étant arrivé en Pouille y fit peu de séjour, puis il alla trouver le pape Pascal, auprès duquel il laissa Daimbert, et passa en France avec Brunon , évêque de Ségni , que le pape y envoyoit en qualité de légat , pour solliciter le secours de la terre sainte. Brunon étoit d'une famille très-noble d'Aste, en Piémont, comptée alors entre les villes de Ligurie, et fut élevé dès l'enfance dans le monastère de Sainte-Perpétue, près d'Aste, puis il fut chanoine de Sienne. De là il alla à Rome pour passer au mont Cassin, où il désiroit depuis long-temps d'embrasser la vie monastique. Il trouva à Rome Pierre Ignée , évêque d' Albane , qui le reçut chez lui en mil soixante-dix-neuf. Dans" le concile qui fut tenu la même année, Brunon fit paroitre sa doctrine et la force de son génie, en réf liant l'hérésie de Bérenger, ce qui fut cause que l'évêché de Segni, en Campanie, étant venu à vaquer, le pape Grégoire VII l'en pourvut malgré toute sa résistance. Il accompagna Urbain II en son voyage de France, et assista au concile de Clermont ; mais quelques années après il quitta son église, et vint au mont Cassin, où il se rendit moine sous l'abbé Odorise (3). Le peuple de Segni en porta ses plaintes au pape Pascal II, qui envoya ordonner à Brunon de revenir prendre soin de son troupeau, et se tenir auprès du pape pour l'assister dans les affaires de FEglise, lui faisant des reproches d'être entré dans un monastère sans la permission du saint-siége. Brunon répondit : Toute l'église romaine sait que j'aurois exécuté ce dessein il y a plusieurs an-

(1) Sop. Hv. LX, n. 22. (i) Spicil. lora. 2, Ep. Ursperg. 18, p. 401.

(1) Edmer. i, Novor.

^(\) Gall. Chr. To. \, Une. p 101. Ap. Edmer.

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