‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1740 sur 2407 · LIVRE SOIXANTE-CINQUIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE-CINQUIEME

appris qu'il revenoit avec l'approbation du pape, et ne sachant pas encore sa mort , résolut d'aller à Rome se justifier , et représenter comme on l'avoit mis malgré lui sur le siège de Jérusalem. Mais étant arrivé à Rome il ne put obtenir autre chose , sinon qu'on envoyât avec lui un légat pour prendre sur les lieux une plus ample connoissance de laffaire.

On y envoya Gibellin, archevêque d'Arles, homme fort avancé en âge, qui, étant arrivé à Jérusalem , y assembla un concile des évéques du royaume , et y examina plcMiiement la cause d'Ebremar. Il reconnut, par des témoins audessus de tout reproche, que Daimbert avoit été chassé sans cause légitime par la faction d'Arnoul et la violence du roi , et qu'Ebremar avoit usurpé le siège d'un évêque vivant et demeurant dans la communion de l'Eglise ; c'est pourquoi il le déposa du patriarcat par l'autorité du pape. Mais , en considération de sa pété et de sa simplicité, il lui donna l'église

patriarche

pour traiter de cette atlaire à la manière accoutumée ; et, après une grande délibération, ils s'accordèrent tous à choisir le légat Gibellin, et l'installèrent dans le siège patriarcal. On prétendoit que c'avoit été encore un artifice d'Arnoul, de mettre en cette place un vieillard , qui par son grand âge ne pouvoit vivre long-temps. Gibellin toutefois tint le siège de Jérusalem pendant cinq ans.

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