LVIII. Juridiction de l'église de Jérusalem
De son temps, le roi Baudouin, peut-être à la suggestion du clergé, envoya des députes a Rome demander au pape que toutes les villes et les provinces qu'il pourroit conquérir sur les infidèles fussent soumises à la juridiction de l'église de Jérusalem (1). Ce que le pape Pascal lui accorda par une bulle, ou il lui dit: Les limites des églises de vos quartiers ont été confondues par la longue possession des infidèles. C'est pourquoi, ne pouvant leur as- - ' . •--^- j^^jug avons '*'*"
signer de bornes certaines ,
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devoir accorder à votre prière que , comme vous avez fait vœu d'exposer votre personne aux plus grands périls pour la gloire de l'eghse de Jérusalem, toutesles villes des infidèles que vous prendrez , ou que vous avez prises, soient soumises à la juridiction de cette église, etque leurs évéques obéissent au patriarche comme à leur métropolitain. Le pape adressa une autre bulle au patriarche Gibellin , portant la même concession à lui et à si'S successeurs (2).
Mais Bernard , patriarche latin d'Antioche , voyant le préjudice que cette concession faisoil à son siège , envoya des députés à Rome en
(1) Guill. Tyr. lib. XI, c. (2) Ep. 28. Pasc. Ep. 18.
HISTOIRE DU CIIKISTIANISME.
porter ses plaintes (1). Pour Tapaiser, le pape lui écrivit une lettre, où il relève la dig^nilé de l'église d'Antioche, honorée comme celle de Rome par la présence de saint Pierre ; et ajoute : Si par hasard nous avons écrit quelque chose autrement qu'il ne falloit à l'église d'Antioche ou à celle de Jérusalem touchant les limites des diocèses, il ne faut l'attribuer ni à la légèreté ni à la malice, ni exciter du scandale pour ce sujet ; car le grand éloignement des lieux , et le changement des anciens noms des villes et des provinces , nous ont apporté beaucoup d'incertitude ou d'ignorance ; mais nous prétendons conserver les droits de toutes les églises. On voit ici l'inconvénient de vouloir régler les affaires de trop loin , et sans connoissancc suffisante.