LIVRE SOIXANTE-CINQUIEME
(1) Ep. 20. 2 3 5 8 9
(2) Edmer. 4, Novor. n. ' (a) C. jo/n. U. ♦Jj lo. .\, Conc. p. 756, c.
ment convenable. Le pape accorda cette érection , mais elle ne fut exécutée qu'après la mort d'Anselme.
Cependant Turgot, moine de Dunelme, ayant été élu évéque de Saint-André en Ecosse , ne pouvoit être sacré par son mélropolilain Thomas , archevêque d'York , qui n étoit pas encore sacré lui-même. Sur quoi l'évêque de Dunelme proposa de sacrer Turgot à York , en présence de Thomas et des évéques d'Ecosse et des Orcades. Mais Anselme s'y opposa, et soutint qu'il n'y avoit que lui qui pût le sacrer tant que les choses seroient en cet état. Ensuiic il pressa Thomas de se faire sacrer; et, sachant qu'il envoyoit à Rome pour demander le pallium par avance, il écrivit au pape pour le prier de ne le lui pas accorder qu'il ne fût sacré ; car il croiroit , dit-il , me pouvoir refuser l'obéissance qu'il me doit comme à son primat , ce qui feroit un schisme en Angleterre. 11 ajoute: Notre roi se plaint que vous souffrez que le roi d'Allemagne donne les investitures des églises sans l'excommunier; c'est pourquoi il menace de recommencer aussi à les donner. Voyez donc incessamment ce que vous devez faire pour ne pas ruiner sans ressource ce que vous avez si bien établi. Car notre roi s'informe soigneusement de ce que vous faites à l'égard de ce prince.
Le pape assura Anselme, par sa réponse, qu'il ne feroit rien au préjudice de l'église de Cantorbéry ; puis il ajouta: Quant à ce que vous dites, que quelques-uns sont •Scandalisés de ce que nous souffrons au roi d' Allema^^ne de donner des investitures , sachez que nous ne l'avons jamais souffert, ni ne le souffrirons. Il est vrai que nous attendons que la férocité de cette nation soit domptée ; mais , si le roi continue de suivre le mauvais chemin de son père , il sentira sans doute le glaive de saint Pierre, que nous avons déjà commencé de tirer. La lettre est datée du douzième d'octobre à Rénévent , où le pape étoit venu tenir un concile. 11 y renouvela l'excommunication contre les laïques qui donneroient des bénéfices ecclésiastiques , et ceux qui les recevroient de leur main ; et il défendit aux clercs les habits séculiers et précieux (1).