LIX. Eglise d'Anglelerre
En Angleterre, Tincontinence des clercs conlinuoit ; en sorte que plusieurs prêtres gardoient leurs femmes ou se marioient de nouveau. Pour y remédier, le roi, tenant sa cour de la Pentecôte, qui en mil cent huit étoit le vingt-quatrième de mai , assembla à Londres les seigneurs et les évéques, avec Anselme à leur tête , et Thomas, élu archevêque d'York , car Girard étoit mort en venant à cette cour. En ceconcile on fit dixcanons, qui portent, entre autres choses que les prêtres qui n'ont pas observé la défense du premier concile de Londres , c'est celui de mil cent deux, s'ils veulent encore célébrer la messe, quitteront leurs femmes , et ne pourront plus leur parler que hors de leurs maisons et en présence de deux témoins. Que, s'ils aiment mieux renoncer au service de l'autel qu'à leurs femmes , ils seront interdits de toutes fonctions, privés de tout bénéfice ecclésiastique, et déclarés infâmes. Les archidiacres et les doyens jureront de ne point tolérer les prêtres conculiinaires dans l'excTcice de leurs fonctions (2). Ceux qui quitteront leurs femmes seront interdits pendant quarante jours pour faire pénitence ; et les coupables perdront leurs meubles , qui seront donnés à l'évêque , aussi bien que les concubines avec leurs biens.
Dans le même temps, on parla d'ériger un nouvel évêché au diocèse de Lincoln, qui étoit trop étendu 5 et le roi , l'arclKn êque et les seigneurs jugèrent à propos d'en mettre le siège dans Fabbayed'Eli (3). Mais Anselme, sachant, dit Edmer , qu'on ne peut ériger un nouvel évêché sans l'autorité du pape, en écrivit à Pascal II , lui marquant les raisons de cette érection , le consentement du roi , des évéques et des seigneurs, et en particulier de l'évêque de Lincoln, à qui on donnoit un dédommage-
[ AndeJ.-C. I108.
An de J.-C. 1108]