LXV. Fin de saint Hugues de Clugny
La même année, et huit jours après saint Anselme, mourut saintHugues, qui gouvernoit depuis soixante ans l'ordre de Clugny. Il avoit eu pour disciples , comme j'ai marqué , le pape Urbain H, saint Ulric, qui écrivit les coutumes du monastère , et plusieurs autres grands personnages. Il fut ami de saint Pierre Damien , de Didier, abbé du mont Cassin , et de tous les plus grands saints de son temps. Il fut chéri et respecté par l'empereur Henri le noir, l'impératrice Agnès, s( m épouse, Henri IV, If'ur îils , qui dans ces dernières années le demandoit pour juge, Philippe, roi de France, Alphonse \T , roi de Caslille, par les libéralités duquel il bâtit celte église magnifique de Clugny, qui subsiste encore (1). Enfin, f ordre de Clugny fut de son temps au plus haut point de sa splendeur, dont il commença à déchoir depuis sa mort. Elle arriva le vingt-neuvième d'avril mil cent neuf, qui étoit la quatre-vingtcinquième année de son îige. Sa vie fut écrite environ .six ans après par H ildebert, évéque du IMans, qui s'est plus appliqué à relever ce qu'il a cru miraculeux que le détail de ses actions. Saint Hugues fut canonisé peu de temps après par le pape Calliste 11 , et l'Eglise honore sa mémoire le jour de sa mort. Son successeur fui Pons, qui du monastère de Saint- Pons de Tomières avoit passé à celui de Clugny; il en fut le septième abbé, et le gouverna paisiblement pendant douze ans (2).