‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1763 sur 2407 · LIVRE SOIXANTE-SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE-SIXIEME

fl) To. \, Conc p. 707. Marca,p. 1292. Baluz. ad Concord. p. de

juge d'avoir rejeté nos avertissements. Mais, quant à l'écrit que j'ai fait par contrainte sans le conseil de mes frères et sans leurs souscriptions, je reconnois qu'il a été mal fait , et je désire qu'il soit corrigé , laissant la manière de la correction au jugement de cette assemblée, afin que ni l'Eglise ni mon âme n'en souffrent aucun préjudice. Tout le concile résolut que les plus sag(»s et les plus savants d'entre eux délibéreroienl mûrement sur ce sujet pour rendre leur réponse le lendemain.

Le sixième jour du concile, qui fut le dernier, le pape commen(;a par se purger du soupçon (i hérésie dont on accusoit ceux qui apprôuvoienl les investitures, et pour cet effet il fil sa profession de foi en prés(»ncede tout le concile. 11 y déclara qu'il recevoit toutes les saintes Ecritures, tant de l'ancien que du nouveau Testament , les quatre premiers conciles généraux et le concile d'Antiorhe, les décrets des papes, et principalement de Grégoire VII et d'Urbain 11. J approuve, ajouta-t-il, ce (lu'ils ont approuvé , je condamne ce qu'ils ont condamné, je défends toul ce qu'ils ont défendu , et je persévérerai toujours dans ces sentiments.

Ensuite Girard , évêque d'Angoulême , légat Cil Aquitaine, se leva au milieu de l'assemblée, et du consentement du pape et du concile lut un écrit en ces termes : JNous tous, assemblés en ce saint concile, condamnons, par l'autorité ecclésiastique et le jugement du Saint-Esprit, le privilège extorqué du pape Pascal par la volonté du roi Henri ; nous le juge(ms nul et le cassons absolument, et défendons, sous peine d'excommunication, qu'il ait aucune autorité. Ce que nous faisons à cause de ce qui est contenu dans ce priviléi^e, qu'un êvêque élu canoniquenient par le clergé et le peuple ne sera point sacré qu'il n'ait reçu auparavant l'investiture du roi : ce qui est contre le Saint-Esprit et l'institution canonique. Après cette lecture tous s'écrièrent : Amen , amen, ainsi soit-il, ainsi soit-il. Cet écrit avoit été dressé par Girard , évéque d'Angoulême, Léon d'Oslie, Grégoire de Terracine, Galon de Léon , et par Kobert, cardinal du titre de Saint-Eusèbe, et Grégoire du titre des Saints-Apôtres. Il fut souscrit par ceux qui assisloient au concile. Deux évéques, Brunon de Scgni el Jean de Tusculum , et deux cardinaux , Pierre de Saint-Sixte et Albéric de Sainte -Sabine, quoiqu'ils fussent à Rome, n'assistèrent pas au concile ; mais ensuite, ayant lu la condamnation du privilège, ils l'approuvèrent comme les autres.

On rapporte à ce concile une lettre du pape Pascal au roi Henri et aux empereurs ses suc-

La loi divine et les aux évéques de s'occuou d'aller à la cour, les condamnés et les opiTcssion. Mais dans votre royaume on contraint les évéques et les abbés mêmes à porter les armes : ce qui ne se fait guère sans commettre des pillages, des sacrilèges, des incendies et des homicides. Les ministres de l'autel sont devenus les ministres de la cour, parce qu'ils ont reçu des rois des villes, des tours , des duchés, des marquisats, des droits de monnoie et d'autres bi(ns ap})artenantà l'état, d'où est venue la coutume de ne point sacrer les évéques qu'ils n'aient reçu l'investiture de la main du roi. Ces désordres ont excité nos prédécesseurs Grégoire Vil et Urbain II à condamner en plusieurs conciles ces investitures , s(jus peine d'excommunication, et nous confirmons leur jugement dans ce concile.

JNous avons donc ordonné qu'on vous laissât à vous, notre cher fils Henri, qui êtes maintenant par notre ministère empereur romain, et à votre royaume, tous les droits royaux qui manifestement appar tenoient au royaume du temps de < harles , de Louis , d'Othon , et de vos autres prédécesseurs. Nous défendons aussi aux évéques et aux abbés d'usurper les droits royaux , ni les exercer que du consentement des rois; mais les églises, avec leurs oblations et leurs domaines, demeureront libres, comme vous avez promis à Dieu au jour de votre couronnement. Le pape raconte ensuite la manière dont il fut arrêté par les gens de l'empereur, et la lettre semble imparfaite.

Godefroy de Viterbe, auteur du même siècle, dit qu'en ce concile de Latran le pape Pascal voulut renoncer au pontificat, s'en jug(îanl indigne, à cause de cette concession faite à lempereur (2) ; qu'il quitta la mitre et la chape, et pria le concile d'ordonner sans lui ce qu'il jugeroit à propos , mais que le concile ne voulut point recevoir sa démission, et l'obligea à garder sa dignité, tournant toute son indignation contre Henri V, qui fut déclare ennemi de l'Eglise comme son père.

Entre plusieurs lettres que le pape Pascal écrivit sur ce sujet , nous en avons une à Guy, archevêque de Vienne (3), et légat du samtsié^e où il l'exhorte à demeurer lerme en cas que l(?s barbares, c'est-à-dire les Allemands , veulent ébranler sii constance, soit par menaces , soit par caresses. Puis il ajoute : Quant à ce que vous désirez savoir, voici ce qui en est. Je déclare nuls et je condamne à jamais les écrits faits au camp où j'étois retenu prisonnier, touchant les investitures ; et je me conforme sur ce sujet à ce qu'ont ordonné les canons des apôtres, les conciles et nos

(i) Pasc. Ep. 22. p. 588.

(2) Godefr.Chr. par. 17, (3) Ep. 24.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[Aude J.-C.tlia.

AndeJ.-C. llli ]

prédécesseurs , piincipalcmcnt Grégoire et Urbain.

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