XIII. Concile de Vienne
L'archevêque de Yienne tint un concile le seizième de septembre, la même année mil cent douze, où se trouvèrent, entre autres évéques, saint Hugues de Grenoble et saint Godefroy d'Amiens , que Varchevéque a voit prié d'y venir pour tenir sa place , parce qu'il n'avoit pas la parole libre (1). Ce concile lit un décret en ces termes : Nous jugeons, suivant l'autorité de la sainte église romaine , que l'investiture des évêchés , des abbayes et de tous les biens ecclésiastiques reçue de la main laïque, est une hérésie. Nous condamnons, par la vertu du Saint-Esprit, l'écrit ou privilège que le roi Henri a extorqué par violence du pape Pascal, nous le déclarons nul et odieux. Nous excommunions ce roi , qui, venant à Rome sous ombre d'une paix simulée, après avoir promis au pape par serment la sûreté de sa personne et la renonciation aux investitures , après lui avoir baisé les pieds et la bouche, l'a pris en trahison comme un autre Judas , dans le saintsiège , devant le corps de saint Pierre , avec les cardinaux , les évéques et plusieurs nobles romains , layant enlevé dans son camp, l'a dépouillé des ornements pontiticaux , Iraité avec mépris et dérision, extorqué de lui par violence cet écrit détestable. Nous l'analhémalisons et le séparons du sein de l'Eglise, jusqu à ce qu'elle reçoive de lui une pleine salisfaction. Saint Hugues de Grenoble fut le principal auteur de cetle excommunication.
Le concile écrivit ensuite au pape une lettre synodale, qui porte : Nous nous sommes assemblés à Yierme suivant Tordre de votre sainteté. Il s'y est trouvé des députés du roi avec des lettres huilées , où vous témoignez désirer la paix et l'union avec lui , et le roi disoit qu'elles lui avoient été envoyées de votre part depuis le concile que vous avez tenu à Rome au carême dernier. Quoique nous en fussions surpris, toutefois nous souvenant des lettres que nous avons reçues de vous, Girard d'Angoulème et moi, touchant la persévérance dans la justice, pour éviter la ruine de 1 Eglise et de notre foi , nous avons procédé canoniquement. Ils rapportent ensuite sommairemeni le décret du concile de Yienne, et en demandent la confirmation par des lettres-patentes que lesévcHjues se puissent envoytT l'un à l'autre ; puis ils ajoutent : Et parce que la plupart des seigneurs du pays, et presque tout le peuple, est de notre seniiraont sur ce point, enjoignez-leur, pour la rémission de leurs péchés , de nous prêter secours s'il est besoin. Nous vous représentons encore, avec le respect convenable, que si vous confirmez notre décret , et vous abstenez désormais de recevoir de ce cruel tyran , ou de
(1) To X, Conc. p. 78i. p. 44. Vila lib. ill, c. 7- Yit«ap. Boll. 1, Apr. to. 9j Ap. Sur. 8 nov.
ses envoyés, des lettres ou des présents, et même de leur parler, nous serons, comme nous devons, vos fils et vos fidèles serviteurs. Mais si vous prenez un autre chemin, ce que nous ne croyons pas , ce sera vous , Dieu nous en préserve, qui nous rejetterez de votre obéissance. Nonobstant cetle menace, le pape confirma les décrets du concih» de Yienne par une lettre datée du vingtième d'octobre (1).