‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 177 sur 2407 · LVI. Lettre du roi Zacharie en France · texte numérisé non relu

LVI. Lettre du roi Zacharie en France

Pépin avoit envoyé à Rome le prêtre Ardobane , du consentement des évêques , des abbés et des seigneurs pour consulter le pape Zacharie sur plusieurs points de discipline, qui se rapportoient à trois chefs principaux , l'ordre épiscopal, la pénitence des homicides et les conjonctions illicites. Les seigneurs françois envoyèrent aussi au pape pour lui donner part du choix qu 'ils avoient fait de Mayence pour être métropole ; et saint Boniface lui écrivit par saint Burchard, évéque de ^irtzbourg, qui alloit à Rome , se plaignant du prêtre Virgile qui, ayant rapporté de Rome une réponse favorable touchant le baptême administré en mots barbares, s'étoit vanté à son retour que le pape Ta voit envoyé pour succéder au premier mourant des quatre évêques que saint Boniface avoit établis en Bavière, qu'il semoit la division entre Boniface et le duc Odilon , et qu'il

(1) Anast. in Zac. (3) Act. SS. Ben. t. 3, p.

(3) Gluron.Ga8s. lib.i,c.8. 697.

enseignoit quelques erreurs ( 1 ) Tout cela paroi t par les réponses dn pape Zacharie.

La première est adressée à Pépin , maire du palais, aux évêques, aux abbés et aux seigneurs de France, qu'il exhorteà continuer de faire chacun leur devoir , les séculiers en combattant contre les infidèles, les ecclésiastiques, en les assistant de leurs prières et de leurs conseils (2). Ensuite il répond à vingt-sept articles touchant l'autorité des métropolitains, les évêques, les prêtres et les autres clercs coupables ou condamnés ; les prêtres rebelles ou vagabonds ; la continence desclercs, les conjonctions illicites et les homicides. Sur tous ces articles, le pape ne fait que rapporter les anciens canons contenus dans le code de l'église romaine, c'est-àdire, les canons des apôtres, de JNicée, d'Antioche et les autres , avec les décrètales des papes. Ce qui semble montrer que ces canons ètoient alors peu connus deçà des Alpes. Cette lettre est accompagnée d'une particulière à saint Boniface, par laquelle le pape lui recommande de faire assembler un concile, où ces décisions soient lues, et d'y faire aussi amener les trois sacrilèges Adalbert , Godolface et Clément, afin que leur cause y soit encore exactement revue (3). Il ajoute : Que s'ils persistent dans leur opiniâtreté à se dire innocents , envoyez-les-nous avec deux ou trois évêques des plus vertueux et des plus sages , afin que leur affaire soit approfondie et terminée devant le saint-siège. On ne connoît point d'ailleurs Godolface ; mais il est remarquable que le pap(; renvoie encore sur les lieux la cause d'Adalbert et de Clément déjà jugés au concile de Rome, peut-être parce qu'ils n'y avoient pas été présents. Cette lettre est datée du cinquième de janvier, la vingt-huitième année du règne de Constantin , la sixième de son rétablissement , indiction quinzième : ces deux derniers caractères marquent l'an sept cent quarantesept , et paroisseut les plus surs.

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