‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1811 sur 2407 · L. Gélase à Rome · texte numérisé non relu

L. Gélase à Rome

Quand il sut que l'empereur s'étoit retiré il revint à Rome secrètement , et se cacha dans une petite église, nommée Sainte-Marie du second cierge , entre les maisons d'Etienne et Pandulfe le Normand et de Pierre Latron , qui le prolégeoienl (4). Le jour de Saint-Prad'exe vingt-unième de juillet , il résolut d'officier

'i) Ep. 1.

(2) Ep. 2, etalia, p. Roderic. to. x, p. 823, ex

Ursperjf.

(3) Chr. Cass. iv, c. 04.

(4) Laiidu.f. n. 12.

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fi

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

dans l'église de cette sainte , par le conseil du cardinal Didier, qui en étoit titulaire, contre l'avis de plusieurs, qui représentoienl que cette église étoit dans les forteresses des Frangipanes. L'office n'étoit pas encore flni quand les Frangipanes vinrent, avec une troupe de gens armés à pied et à cheval , attaquer le pape et les siens à coups de pierre et de trait. Etienne le Normand et Crescence Gaétan , neveu du pape , résistèrent vigoureusement , quoique leur troupe fut beaucoup moindre ; il y eut un rude combat , qui dura une grande partie du jour. Le pape s'enfuit, faisant compassion aux femmes qui le voyoient, demi-vètu ^e ses ornements , courir seul par les champs, «lutant que son cheval pou voit aller. Son portecroix tomba en le suivant , et une pauvre I îmme qui le trouva le cacha jusqu'au soir fivec sa croix et son cheval.

Le combat duroit encore quand Etienne le i^ormand dit aux Frangipanes : Que faitesvous ? Le pape , à qui vous en voulez , s'est tsauvé ; voulez- vous aussi nous perdre ? Nous /sommes Romains comme vous , et même vos parents ; retirons-nous de part et d'autre , nous sommes assez fatigués. Ils se retirèrent en effet, et on trouva le pape dans la campagne, près l'église de Saint-l'aul, las et gémissant. Le lendemain ses amis tinrent conseil , et le pape parla ainsi après tous les autres : Mes frères, suivons l'exemple de nos pères et le précepte de l'Evangile; puisque nous ne pouvons vivre en cette ville, fuyons dans une autre , fuyons cette Sodome et cette Egypte. Je le dis devant Dieu , j'aimerois mieux, si jamais il étoit possible, avoir un seul empereur que d'en avoir un si grand nombre ; un méchant au moins pordroit les autres plus méchants, jusqu'à ce qu il sentît lui-même la justice du souverain empereur. Tous approuvèrent l'avis du pape, et aussitôt il distribua ses commissions pour le gouvernement de 1 Eglise pendant son absence. 11 tit son vicaire Pierre, évéque de Porto , et lui donna quelques cardinaux pour lui aider. Il donna la garde de Bénévent à Hugues, cardinal des saints apôtres ; à Nicolas la conduite des chantres. Il laissa la préfecture de Rome à Pierre , qui l'avoit prise malgré le pape Pascal , quoique ce fût un méchant homme ; mais il donna l'étendard et la garde de la ville à Etienne le Normand, qui étoit le plus considérable de son parti.

Le pape Gélase étoit encore à Rome le premier jour de septembre, comme il paroit par la bulle donnée en faveur de Gautier, archevêque de Ravenne, qui , ayant été tiré malgré lui d'entre les chanoines réguliers , ayoït été élu unanimement pour remplir ce siège, et sacré par le pape (1). Depuis Guibert cette cglise avoit été jusque-là dans le schisme , occupée par des évêques que l'empereur avoit choisis ; c'est pourquoi les papes avoient sou-

(l) Ep. ♦.

[ Ande J.-C. 1118.

Ande J.-C. 1118]

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