LIV. Constitutions d'Alexis
Nous avons plusieurs constitutions d'Alexis Comnéne, touchant les matières ecclésiastiques. La première du mois de septembre , indiction neuvième, c'est-à-dire de l'an mil quatre-vingt-six, par laquelle il confirme celle de l'empereur Isaac Comnéne, son oncle, qu régloit le canonique des évêques et les droits d'ordination (2). On appeloit canonique Festi-
(1) Sup. n. 10. Zonar.
XVIII, II. 20. Anna. Comn.
lib. Il, p. 450, Sup. liv. LVI,
(2) Jus GraBCO-Rom. lib.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
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mation des prémices que les laïques dévoient à l'évêque chaque année , el elle esl ainsi taxée. Pour un village de trente feux, une pièce d'or et deux d'argent, un mi>uton, six boisseaux d'orge, six de farine, six mesuns de vin et trente poules. Pour les villages moindres, à proportion. Pour les ordinations, lévéqui' pre noit sept pièces d'or ; une pour faire un h )mme simple clerc ou lecteur, trois pour le diaconat et trois pour la prêtrise. On taxe aussi le droit de l'évêque pour les mariages Une autre constitution du mois de juin , indiclion septième , Tan six mil cinq cent quatre-vingt-douze, c'est-à-dire mil quatre-vingt-quatre , déclare nulles les Gancailles contractées à sept ans , el veut que les parties en aient douze ou quatorze : défendant toutefois de les faire le même jour que les noces. Ce qui est contirmé par une autre constitution de l'an mil quatre-vingtdouze (1). . .
La quatrième, qui est du mois de mai six mil cinqcentquatre-vingt-quinze milquatre-vingtsept), fut faite en présence d'un concile, et déclare qu'il est permis à l'empereur d'ériger en métropoles les évOchés et les archevêchés, et de régler suivant sa volonté ce qui regarde l'élection et la disposition de ces églises , sans préjudice des anciens droits du métropolitain sur l'église élevée à une nouvelle dignité. Par la sixiL'me constitution , qui est du mois de novembre, indiction seconde, c'est-à-dire l'an mil quatre-vingt-treize, l'empereur permet, à ceux qui sont élus pour les èvêchés d Orient, de garder leurs abbayes ou leurs autres bénélices. C'est que ces èvêchés éloient occupés ou dépouillés de leurs revenus par les infidèles ; ce qui faisoit que ceux qui en étoient pourvus ne vouloient point les accepter, craignant d'y manquer de subsistance, après avoir quitté celle qui leur éloit assurée ; c'est pourquoi l'empereur leur permet de garder l'un et l'autre en attendant le rétablissement de ces églises orientales (-2). La huitième constitution, du mois de décembre mil quatre-vingt-quinze, donne au patriarche la visite et la correction de tous les monastères de son diocèse, avec les distinctions qui y sont marquées. C'est ce qui me paroît de plus notable dans les constitutions de l'empereur Alexis.
Savieaété écrite parsa fille Anne Comnène, femme du césar Nicéphore Brienne, princesse savante, mais dont le style sent plutôt le panégyrique quel'histoire. Le successeur d'Alexis fut son fils Jean Comnène, nommé parlesGrecs Calo Joannes , c'est-à-dire le beau Jean ; il régna vingt-quatre ans.