‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1816 sur 2407 · LV. Monastère de la Pleine de Grâce · texte numérisé non relu

LV. Monastère de la Pleine de Grâce

L'impératrice Irène Ducas , épouse d'Alexis,

[AudeJ.-C. 1118.

fonda à Constantinople un monastère de filles, auquel elle donna des constitutions, suivant l'usage des Grecs , qui accordoit ce pouvoir aux fondateurs; el nous avons ces constitutions d'Irène, où l'on voit plusieurs parti( ularités remarquables de l'observance des religieuses grv'cques. Ce monastère étoil dédié à l,i Sainte- Vierge, sous le nom de Pleine de Grâce, et devoil avoir vingt-quatre relig:ieuses, avec permission d'augmenter jusqu à quarante si les revenus auguicntoient. H etoit fonde avec entière exemption de lempereur, du patriarche, et de toute puissance ecclésiastique etsèculière, etavoil une protectrice, qui étoit limpératrice Irène ; et après sa mort une princesse de sa famille, suivant l ordre de substitution qu'elle avoit marqué. Si quelque princesse de la famille se faisoit religieuse dans cette maison , elle devoit avoir quelques privilèges, et n'être pas astreinte à la règle si étroitement que les autres. Les religieuses dévoient être reçues gratuitement, avec permission toutefois de prendre ce qui seroit volontairement olîert. Il n'étoit pas permis d'aliéner les immeubles du monastère, mais seulement les meubles en cas de nécessite (t). La première abbesse fut choisie par l'impératrice, ensuite elle devoit être élue par la eommunauté, et pouvoil être déposée. Il y avoit un économe pour les affaires du dehors; et ce devoit toujours être un eunuque, aussi bien que les deux prêtres du monastère, que l'on prenoit entre les moines autantqu'il étoit possible. Elles n'avoientqu'un père spirituel, à (|ui elles rendoient compte de leurs pensées ; et c'étoit aussi un eunuque (2). Les religieuses couchoient toutes en un même dortoir, à la vue les unes diS autres: elles travailloient de leurs mains, et pendant le travail une d entre elles lisoit l'Ecriture sainte. Leur clôture n'étoit pas si exacte, que les femmes, principalement les proches parentes, n'entrassent quelquefois dans la maison ; pour les hommes, la religieuse leur parloit à la porte, accompagnée d'une ancienne. Elles sortoient même quelquefois pour aller voir leur père ou leur mère malades. Il y a plusieurs distinctions marquées pour la nourriture pendant le carême et les autres jours de jeunes , à cause des fêtes qui se peuvent rencontrer en ces jours, et qui font diminuer l'abstinence suivant l'usage de l'église grecque; mais celte indulgence ne va qu'à accorder Ihuile, le vin ou le poisson. On recommande étroitement la pauvreté exacte, et l'exclusion de toute propriété. Les religieuses se b aignenmt tous les mois, les malades, toutes les fois que le médecin 1 ordonnera, el ce médecin du monastère doit être eunuque ou vieux. Comme ce monastère avoit peu d'étendue , la sépulture des religieuses étoit deh(»rs, el, pour cet effet, l'impératrice Irène avoit obtenu du pa-

(1) P. 120, iU-

(2; P. 130, 138. Balsam.

ad can. 37, Conc G.V. Sup.

llv. XL, II. 51, p. m.

(i) Typic. Iron. to. 1. i, 7, U, 10. 11, H, 1 î. Annal. Gr.p. 128. c. 6,80, (2; 0. U, 1, li, 10.

AndeJ.-C. 1118.)

trîarche Nicolas un petit monastère, nommé Cellarée, dépendant de la grande église (1). Elle y mit quatre religieuses du monastère de la Pleine de Grâce avec un prêtre séculier, pour y faire l'office. On y transportoit la défunte, et il y avoit au convoi le nombre de religieuses régie par l'abbesse C'est ce qui m'a paru de plus singulier dans ces ccmstitutions du monastère, fondé par l'impératrice Irène.

LVl. Le papC'Gélase en Provence.

Le pape Gélase II ne se trouvant pas en su relé à Rome , en partit le second jour de septembre mil cent dix-huit. 11 èîoit accompagné de deux cardinaux -pi êtres, Jean de Crème et Guy de Sainte-IJalbine, et de quatre cardinaux-diacres, dont le premier éloit Pierre de Léon, avec deux nc>bles romains et leur suite (2). Ils furent reçus à Pise avec grand honneur, et le pape y fit un sermon qui parut 1res -éloquent. Quelques jours après , il se rembarqua et arriva en Provence, au port de Saint- Gilles, où il fut reçu par 1 abbe Hugues et sa communauté , et défrayé libéralement pendant un assez long séjour qu'il y fit. Là, tous les évêques du pays , grand nombre de moines , quantité de noblesse el de peuple se rendirent auprès du pape et lui offrirent leurs services. Pons, abbé de Clugny, entre autres présents, d(mna au pape trente chevaux , et l'abbé de Saint-Gilles dix , dont il se servit pour marcher dans le pays. Il y dédia trois églises, et marqua avec des pierres les bornes de leurs franc hises. 11 confir ma la primatie de l'église de Tolède par un bulle adressée à l'archevêque Bernard, et datée de Saint-Gilles, le septième de novembre.

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