LIX. Concile de Rouen
Le pape Gélase envoya un légat à Rouen , où se tenoil un concile, qui commença le septième d'octobre de cette année mil cent dixhuit (l). Henri, roi d'Angleterre, ylraitadela paix du royaume avec Raoul, archevêque de Cantorbéry, et les autres seigneurs qu'il y avoit assemblés; et Geoffroy, archevêque de Rouen, y traita des affiiires de l'Eglise avec quatre de ses suffragants qui étoient présents, et plu sieurs abbés, dont dix sont nommés ; les évêques étoient Richard de Rayeux, Jean deLisieux,Turgis d'Avranches et Roger de Coutances. Serlon de Séez envoya s'excuser sur sa vieillesse et ses inlirmitès , Audin d'Evreux sur la nécessité de défendre le pays contre les ennemis ; en quoi toutefois il réussit mal. Le légat du pape étoit un clerc romain , nommé Conrad, qui parla très-éloquemment , comme ayant été nourri dans la source de la latinité. Il se plaignit de l'empereur , qui persécutoit les catholiques, de l'antipape Rourdin, et des vexations que l'Eglise souffroit en Toscane. Il représenta que le pape avoit été réduit à venir au deçà des Alpes comme en exil ; et conclut en demandant à l'église de Normandie le secours de ses prières, et encore plus de son argent. Ce sont les termes d'Ordéric, auteur du
temps.