LXI. Mort de Gélase IL
Alors il fit appeler l'évêque de Palestrine avec les autres cardinaux qui étoient présents, et voulut le désigner pour son successeur ; mais l'évêque s'en excusa en disant : A Dieu ne plaise que je me charge de ce fardeau, indigne et misérable que je suis , vu principalement que de notre temps le saint-siège, étant sous la persécution , a besoin pour se soutenir de richesse et de puissance temporelle. Si vous voulez croire mon conseil , nous élirons l'archevêque de Vienne, qui, outre la piété et la prudence, a encore la puissance et la noblesse séculière, car nous espérons qu'il délivrera le saint-siège de celle longue vexation. Ce discours fut approuvé du pape malade et des cardinaux présents, et aussitôt on envoya quérir l'archevêque de Vienne. Mais, pendant qu'il étoit en chemin , le pape , sentant approcher sa fin , fit sa confession devant un grand nombre de personnes, reçut le corps et le sang de Notre Seigneur, se fit coucher à terre , suivant l'usage monastique , et rendit ainsi l'esprit le vingt-neuvième de janvier mil cent dix-neuf, après un an moins deux jours de pontificat. Il fut enterré à Clugny, et le saint siège vaqua quinze jours. Le roi Louis apprit sa mort comme il étoit en chemin pour se rendre à la conférence de Vézelai.
(1) Ab. Ursperg. ann. 1110. l^andulf.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
[AndeJ.-C. 1119.
LIYRE SOIXANTE-SEPTIEME.