I. Callisle II, pape
Guy , archevêque de Vienne , étant arrivé à Clugny après la mort du pape Gélase, fut élu pape et nommé Callisle 11 par les cardinaux qui étoient présents; mais il résista fortement, principalement par la crainte que son élection ne fût pas approuvée à Rome, et, jusqu'à ce que la ratitication en fût venue, il ne pouvoit se résoudre à porter la chape rouge (1). Guy étoit fils de Guillaume tète hardie, comte de Bourgogne, parent des empereurs et des rois de France et d'Anglelerre ; sa sœur Guille avoit épousé Humbert II, comte de Maurienne, et leur fille Adélaïde étoit reine de France, épouse de Louis le gros. Entre les lettres que Calliste écrivit aux principaux prélats pour leur donner part de son élection , nous avons celle qu il adressa à Adalbert , archevêque de Mayence, où il parle ainsi (2) : Le pape Gélase , d'heureuse mémoire , en partant de Vienne, m'enjoignit de l'aller trouver quand il seroil à Clugny; à quoi voulant satisfaire quelques jours après , je reçus en chemin la nouvelle de sa mort. Toutefois, alin de consoler nos frères qui étoient venus a> ec lui , j allai à Clugny, touché d une sensible douleur. Mais, lorsque je ne songeois qu'à leur consolation, ils m'ont imposé un fardeau au-dessus de mes forces, car les évOques, les cardinaux, les clercs et les laïques romains m'ont pris malgré ma résistance, d'un consentement unanime, pour gouverner l'église romaine sous le nom de Calliste.
Les cardinaux qui étoient à Clugny envoyèrent à Rome donner pari de la mort de Gélase et de l'éleclion de Calliste à Pierre , évéque de Porto, que Gélase y avoit laissé son vicaire, etq i, ayant reçu ces lettres, monta aussitôt au Capitole et les fit lire en présence des Romains. Ils approuvèrent tout d'iuie voix l'élection de Calliste, louant Dieu de leur avoir donné un pape d'un si grand mérite. Celui qui travailla le plus à faire confirmer à Rome cette élection fui Pierre de Léon, à cause que son fils, nommé aussi Pierre , diacre-cardinal, avoit été en France le principal promoteur de cette élection. Ensuite lévéque de Porto écri-
vit ces nouvelles au cardinal Hugues, légat à Bénévent, et à Landulfe, archevêque de la même ville, qui aussitôt assembla le clergé et le peuple, et publia l'élection de Calliste qui fut solennellement approuvée, et les citoyens lui promirent fidélité. Cependant le pape Calliste fut couronné solennellemi ntà Vienne par Lambert , évéque d'Oslie, et plusieurs autres, le dimanche de la Quinquagésime, neuvième février mil cent dix-neuf, et son élection fut publiée partout, particulièrement en Allemagne, dans la diète qui se tenoil à Tribur, dont voici l'occasion (1).
L'empereur Henri étoit encore en Italie (2) quand il apprit que Conon, évéque de Palestrine et légat du pape Gélase, avoit publié l'excommunication contre lui dans les conciles de Cologne et de Frislar, et que les seigneurs, peu de temps après, avoient indiqué une diète à VV irtzbourg, où ils vouîoient qu il se trouvât, sinon qu'il fût déposé du royaume. Henri , furieusement irrité de cette nouvelle, laissa ses troupes en Italie avec l'impératrice son épouse, et vint en Allemagne lorsqu on l'y attendoit le moins. Et, comme sa présence y excita de nouveau les violences el les actes d'hostilité, il fut obligé de convoquer à Tribur une assemblée générale des èvèques et des seigneurs, où il promit de satisfaire sur tous les chefs dont on l'accusoit. En cette assemblée on établit une paix , mais qui ne fut pas solide. Il s'y trouva des députés de Rome, de \'wi ne < t de plusieurs autres églises, qui confirmèrent la nouvelle de l'élection du pape Callisle. Tous les èvèques d'Allemagne lui promirent otk'issance, el approuvèrent la convocation du concile qu'il devoit tenir vers la Saint-Luc, et l'empereur lui-même promit de s'y trouver pour la réunion de 1 Eglise universelle.