‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1829 sur 2407 · Orderic. iib. ix, in One · texte numérisé non relu

Orderic. iib. ix, in One

MarlluMiiie Collect. p. 73.

Gail.Qir. lo. 1.

(a; Conc. p. 872.

expliqua en latin , mais d'un style simple , l'Evangile, où il est dit que Jésus ordonnaà ses disciples de passer la mer devant lui (1); et que le soir il s'éleva un vent contraire , en sorte que la barque , figure de l'Eglise , étoit agitée par les Ilots , qui sont les tentations et les afflictions de ce monde , et qui s'apaisent tout d'un coup par la présence du Sauveur. Ensuite , le cardinal Conon se leva . et fit un sermon trèséloquent sur le devoir aes pasteurs , leur appliquant ce qui est dit dans la Genèse du som que Jacob avoit des troupeaux de Laban (2).

Le pape dit aussi, ce premier jour, que le principal sujet de la convocation du concile , étoit l'extirpation de la simonie, et, pour cet effet, l'abolition des investitures. C'est pourquoi , ajouta-t-il , écoutez attentivement de la bouche de nos frères, qui ont porté des paroles de paix entre nous et le prétendu roi d'Allemagne , tout ce qui s'est passé en cette affaire ; et considérez ce que je dois faire, puisque c'est notre cause commune. Alors, il ordonna à l'évêque d'Ostie d'exposer l'affaire en latin à tout le concile , puis à l'évêque de Chàlons de l'expliquer en francois en faveur des laïques. Ensuite il proposa divers articles ce jour-là et le suivant , mais il en remit la conclusion à la lin du concile.

Le roi Louis entra dans le concile avec les seigneurs francois, monta sur léchafaud où étoit le siège du pape, et dit : Je viens demander conseil à cette sainte assemblée. Le roi d'Angleterre a envahi par violence la Normandie, qui est de mon royaume. Il a maltraité en plusieurs manières le duc Robert, son frère et mon vassal , el enfin l'a pris et le tient depuis long-temps en prison. Je l'ai requis plusieurs fois, par des évéques et par des comtes, de me le rendre, sans avoir pu rien obtenir; et vous voyez ici Guillaume , fils de ce duc, dépouillé de son héritage. Louis ajouta plusieurs autres plaintes, dont les François qui étoient présents certifièrent la vérité. Geoffroy, archevêque de Rouen , se leva avec les évéques et les abbés de sa province , et commença à répondre pour le roi d'Angleterre ; mais il s'émut un si grand tumulte de ceux à qui son discours ne plaisoit pas, qu'il fut obligé de se taire.

Cependant llildegarde, comtesse de Poitiers, s'avança avec ses suivantes, et fit à haute voix sa plainte, qui fut écoutée attentivement de tout le concile. Elle disoit que le comte Guillaume, son époux, l'avoit abandonnée, et avoit pris à sa place Maubergeon, femme du vicomte de Chàtelleraut. Le pape demanda si le comte de Poitiers éloit venu au concile suivant son mandement ; alors Guillaume, évêque de Saintes, et plusieurs autres prélats d'Aquitaine, se levèrent et excusèrent leur duc, disant qu'il étoit parti pour venir au concile, mais qu'il étoit demeuré malade en chemin. Le pap(^ reçut l'excuse , et donna au duc un

(1) MaU.xfv, 22.

(2) Gen.xxxi;38.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[An de J.-C.1119.

Ande J.-C. lllQ ]

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