‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1837 sur 2407 · XI. Conférence de Gisors · texte numérisé non relu

XI. Conférence de Gisors

Au mois de novembre mil cent dix-neuf, le pape (^alliste vint en [Normandie conférer avec le roi Henri d Angleterre : ce fut à Gisors , et le roi reçut, avec toutes sortes d'honneur, le pape, qu'il reconnoissoit pour son parent (2). 11 se jeta à ses pieds ; le pape le releva , l'embrassa, et lui parla ainsi : Au concile de Reims, j'ai pronns de travailler pour la paix ; c'est pour ce sujet que je suis venu ici , et je vous prie d y concourir de votre part. Le roi promit d'obéir à tout ce qu'ordonneroit le pape, qui reprit ainsi : Comme il faut, suivant la loi de Dieu, rendre à chacun ce qui lui appartient , le concile vous prie de rendre la liberté à Robert, votre frère, et le duché de iNormandie â son fils.

Le roi répondit : Je n'ai point dépouillé mon frère de la Normandie, mais j'ai délivré celle province, qui est l'héritage de mon père, et qui éto t misérablement ravagée par di*s voleurs et des sacrilèges. On n'y rendoil aucun honneur aux prêtres et aux antres serviteurs de Dieu ; on y avoit presque ramené le paganisme Les monastères fondés par nos ancêtres étoient ruinés , et les religieux dispersés faute de subsistance. On pilloit les églises, on les brùloit la plupart, et on en liroil ceux qui s'y cachoient; les gens du peuple se tuolent l'un l'autre, ou demeuroient sans défense. La Normandie a été près de sept ans en ce triste état ; j'en recevois des plaintes fréquentes , et les gens de bien me prioient de venir au secours du peuple aniigé. J'y suis venu, et j'ai vu qu'il

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