‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1839 sur 2407 · XII. Synode de Roaen · texte numérisé non relu

XII. Synode de Roaen

Geoffroy, archevêque deRouen, étant revenu du concile de Reims , et voulant en faire exécuter les décrets, tint un synode à Rouen la troisième semaine de novembre , la même année

(1) Edmer. 5, Novor. p. 64.

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mil cent dix-neuf, où il défendit{l) absolument aux prêtres de son diocèse tout commerce avec les femmes, sous peine d'anathème.Les prêtres, trouvant ce joug insupportable, en murmurèrent ; et un nommé Albert , plus éloquent que les autres, commença à parler; mais l'archevêque le fit arrêter et mettre en prison. Ce prélat étoit un lireton indiscret, opiniâtre, emporté et g:rand parleur. Les autres prêtres, vovant qu'on traînoit leur confrère hors de l'église comme un voleur sans aucune forme de justice, ne savoient s'ils dévoient se défendre ou s'enfuir. Le prélat furieux se leva de sa chaire, sortit promptement du synode, et appela ses gens qu'il avoit préparés pour cet etfet. Ils entrèrent armés dans l'église, et commencèrent à frapper une troupe de clercs qui parloient ensemble. Les uns s'enfuirent avec leurs aubes par les rues crottées, les autres «•ssayèrent de se défendre avec les bancs et les f)ierres qu'ils rencontrèrent ; les gens de l'archevêque appelèrent du secours : on se battit , et l'église lut profanée par le sang des ecclésiastiques. Les chanoines et les bons bourgeois en avoient pitié, et ce fut un grand scandale par tout le diocèse ; car les curés, s'élant retirés sans congé, montroient à leurs concubines et à leurs paroissiens les marquc^sdes coups qu'ils avoient reçus. Le bruit en vint jusqu'au roi , mais, occupé d'autres affaires, il n'en fit point de justice.

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