‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1841 sur 2407 · LIVRE SOIXANTESEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTESEPTIÈME

Le pape Calliste célébra la fête de Noël à Autun , où il rencontra Brunon , archevêque de Trêves (1). Ce prélat avoit toujours été attaché à l'empereur Henri , à qui menu* , par le conseil des seigneurs , il avoit servi de tuteur dans le commencement de son règne ; mais, irrite des mauvais oiTues que lui rendoit le chancelier Albert, depuis archevêque de iMayence, il remit aux seigneurs la conduite du prince et de l'état. Et toutefois quand Albert, tombé dans la disgrâce de l'empereur, éloit en prison, et qu il fut question de le délivrer, Brunon se rendit sa caution envers l'empereur, qu'il ne lui nuiroit jamais. Enûn, il se conduisit avec tant de sagesse, que, dans la division enlrelempire et le sacerdoce , il demeura toujours uni avec les catholiques, sans manquer au service qu il devoil à l'empereur, et il fut le principal médiateur de la reconciliation de lempereur avec le pape (2).

Celte année donc, qui étoit la dix-neuviéme de son pontiûcat, il résolut d'aller à Rome faire renouveler les privilèges de son église, principalement à cause des entreprises d'Albert de Mayence, qui prétendoit avoir autorité sur lui en qualité de légat; quoique l'archevêque de Trêves fut en possession de ne connoi- Ire pour supérieur que le pape ou son légat à /iiare, c'est-a-dire envoyé de Rome. Brunon se plaignoit encore d'Etienne , évêquedeMelz, neveu du pape Calliste, qui lui avoit accorde le pallium , sauf toutefois la juridiction de larchevêque de Trêves , son métropolitain ; mais Eiienne , lier de la faveur de son oncle, espéroit faire ériger son siège en métropole. Biunon ayant, comme j'ai dit, rencontre le pape à Aulun , en fut Ires-bien reçu , et y célébra avec lui la fête de Noël. Apres les fêtes, il le suivit à Clugny, où il obtint du pape lindulgence de ses péchés et la conlirmation des privilèges de son éghse, particulièrement l'exemption de l'autorité de tout légat, sinon du légat à latere. La lettre est du troisième de janvier mil cent vingt.

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