‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1842 sur 2407 · XV. Primatie de Vienne · texte numérisé non relu

XV. Primatie de Vienne

Le pape CaUiste voulut aussi orner d'un privilège singulier l'église de Vienne, qui avoit été son premier siège. Cette ville étoit depuis longtemps la capitale du royaume de Bourgogne , dont l'archevêque éloit le chancelier ; et le roi Rodolphe III donna à ce prélat , en mil cent vingt-irois, le comté de la ville (3). Mais le pape Calliste lui donna la primatie sur sept province», par une bulle adressée aux chanoines de cette église, où il dit : Nous accordons et conûrmons à Tèglise de Vienne toute

(1) Hist. Trevir. to. 12. (8) P. 248 Spicil. p. 2il. Sup liv.LXV, (3) Mareadeprim.Lugd. n. 18. Suy. liv. LXVi. d. 133, 133. Cali. Kp. 3.

la dignité qu'elle a reçue par les privilèges authentiques de nos prédécesseurs. Sylvestre, Nicolas, Léon, Grégoire et les autres ; et par les empereurs, les rois et les autres (idèles. C'est à savoir qu'elle ait la primauté sur les sept provinces de Vienne, de Bourges, de Bordeaux, d'Auch , de Narbonne , d' Aix et d Embrun. En ces provinces , l'archevêque de Vienne sera le vicaire du pape, il indiquera les conciles, et décidera les affaires ecclésiastiques. L'arche\ êque de Tarenlaise lui sera aussi soumis comme à son primat ; et l'archevêque de V ienne ne sera soumis à aucun légat , si ce n'est un légat à latere envoyé de Rome. La bulle est du vingtsixième de février mil cent vingt , donnée à Valence, comme le pape étoit en chemin pour l'Italie.

Le privilège du pape Sylvestre , mentionné en cette bulh' , est reconnu pour supposé , et porte seulement que les èvêques et les autres cH:clèsiasliques , qui viendront de la Gaule et des sept provinces , seront obligés de prendre des lettres formées de l'archevêque de Vienne ; les sept provinces distinguées du reste de la Gaule y sont exprimées suivant l'ancienne notice , et sont les mêmes que nomme la bulle du pape Calliste. Quant à la province de Tarentaise, qui étoit hors de ces sept, il la soumit à Vienne, à l'exemple du pape saint Léon (1). Or, comme entre les archevêques des sepl provinces il y en avoit deux qui avoient déjà le titre de primat, savoir, ceux de Bourges et de Narbonne , l'archevêque de Vienne en prit occasion de se qualifier primai des primats, comme il fait encore. iMais sa primatie est demeurée un simple titre sans effet, n'étant fondée que sur cette bulle de Calliste II , donnée sur de fausses suppositions et sans appeler les parties intéressées : elle a seulement opiTè que les évêchés de Diè et de Viviers ont été distraits de la métropole d'Arles , et attribués à celle de Vienne, suivant le dénombrement de ses suffragants contenu en cette bulle.

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