‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1846 sur 2407 · XIX. Edmer élu archevêque Q Saint-André · texte numérisé non relu

XIX. Edmer élu archevêque Q Saint-André

La même année mil cent vingt, Raoul , archevêque de Cantorbéry, étant revenu de Normandie en Angleterre, reçut une députation d'Alexandre, roi d'Ecosse , avec une lettre où il le prioit de lui envoyer le moine Edmer pour remplir le siège épiscopal de Saint-André, vacant depuis long-lemps(l). L'archevôque crut que cette vocation venoit de l)i<»u, sachant bien qu Edmer n'y avoit aucune part, car il avoit été assidûment à son service comme à celui de saint Anselme , et avec la permission du roi d'Angleterre il l'envoya au roi d'Ecosse. Etant arrivé, il fut élu évéque de Saint- André par le clergé et le peuple dii pays, du consentement du roi , sans loutefois recevoir de lui la crosse ni l'anneau , ni lui faire hommage; mais le lendemain quand il dit au roi qu'il vouloit relourner à Cantorbéry se faire sacrer par l'archevêque, à cause de la primauté de cette église sur toute la Grande-Bretagne , le roi le quitta en colère, ne voulant point que l'église de Saint-André fût soumise à celle de Cantorbéry ; et ordonna à Guillaume, moine de Saint-Edmond, de continuer à gouverner le temporel de l'évêché comme pendant la vacance , dépouillant ainsi Edmer qu'il en venoit d'investir. Toutefois, un mois après il le remit en possession de l'évêché et du gouvernement de l'église d'Ecosse, — ■ ^^^— ^— ^— ^^^-^^^-^— ^^

(\) Edmer. », Kovor p. Vf.

AndeJ-C.iui} LIVRE SOÏX AlfTE-SEPTIEME

et alors Edmer prit la crosse sur l'autel comme de la main de Dieu.

Cependant Turstain , archevêque d'York , étoit au deçà de la mer, poursuivant son rétablissement, et, comme il prétendoit que cetoit à lui à sacrer l'évéque de Saint-André, il écrivit à l'archevêque de Cantorbéry de ne le

pas faire , et au roi d'Ecosse de ne le pas souffrir. Ce qui nuisit beaucoup à l'autorité de l'évéque élu , et aliéna de plus en plus le roi d'Ecosse. Edmer, voyant donc qu'il ne pouvoit faire grand bien en ce royaume tant que le roi lui seroit contraire, résolut de relourner à Canlorbéry pour y prendre conseil. Mais le roi lui en refusa la permission, disant que son royaume ne dépendoit en rien de l'église de Cantorbéry , et qu'on lui avoit donné Edmer entièrement libre de tout engagement à celte église Edmer demanda conseil à l'évéque de Glascow, et à deux moines de Canlorbéry qu'il avoit aveclui, et, après avoir sondé l'esprit du roi , ils dirent à Edmer : Vous ne vivrez jamais ici en paix du règne de ce prince; nous le connoissons , il veut lui seul être tout dans son royaume, et ne souffre point de concurrence d'aucune autre puissance. Il est aigri contre vous sans savoir pourquoi, et jamais il ne se réconciliera entièrement. II faut donc tout quitter , ou passer votre vie dans l'opprobre avec les Ecossois, vous accommodant à leurs usages contre le salut de votre âme ; mais le roi ne vous laissera pas sortir si vous ne lui rendez l'anneau et la crosse. Edmer prit ce dernier parti , il rendit au roi l'anneau qu'il avoit reçu de sa main , et remit la crosse sur l'autel où il l'avoil prise. Ainsi il sortit d'Ecosse cédant à la violence, et revint à (Cantorbéry, où il fut reçu à bras ouverts par l'archevêque et les moines.

Page 1