XXIV. Liberté de l'église de Sens
Le roi de France , ayant reçu une lettre du pape, où il lui mandoit la prise de Bourdin, lui en fit ses compliments par une lettre où il ajoute (2) : En relâchant la sentence que vous avez prononcée contre 1 archevêque de Sens, vous nous avez un peu apaisé ; mais nous sommes en peine de ce que vous ne l'avez relâchée que pour un temps. Car il semble que l'archevêque de Lyon ait encore quelqu'espérance d'obtenir la soumission qu'il demande ; mais, pour dire la vérité, je souffrirois plutôt que tout mon royaume fût en feu et ma vie en péril que d'endurer cet opprobre. Il lui représente ensuite les bons offices que la France a rendus à l'église romaine, et Ihonnrur qu'il a fait lui-même au pape d'aller au concile de Reims, tout malade qu'il étoit; puis il continue : ]\ous vous prions donc que rê;;lise de Sens conserve la liberté dont elle a joui usqu'à présent , et qu'elle ne reçoive pas de pré-
[Ande J.-C. 1121.
non à la personne, et par conséquent, si cet archevêque a disposé stul de ce qui ne lui appartenoit pas et prom s ce qu'il ne devoil las promettre, l'église de Sens n'a pas pour cela perdu son droit ni son ancienne lib<Tté. Prenez donc garde, saint père, que la ville de Lyon, qui est d'un autre royaume, ne s'augmente de notre perte, et qu'en me voulant soumettre à un prince ami vous ne nous rendiez ennemis. Si un roi de France se sent méprisé dans une affaire si facile, il n'espérera pas de réussir en de plus grandes, et ne s'exposera plus à la honte d'un refus au préjudice de sa dignité. La ville de Lyon étoit alors de l'obéissance de lerapereur, à cause du royaume de Bourgogne.