‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1850 sur 2407 · XXIII. Fin de l'antipape Bourdin · texte numérisé non relu

XXIII. Fin de l'antipape Bourdin

Cependant le pape Calliste , ayant célébré à Rome les fêtes de Pâques, envoya à Sulri une grande armée avec Jean de Crème, cardinal de Sainl-Chrysogone, et le suivit de près (2). Les habitants de Sutri, voyant battre leurs murailles, prirent l'antipape Bourdin, et le livrèrent aux soldats de Calliste , qui, après l'avoir chargé d'injures, le firent monter sur un chameau à rebours, lui faisant tenir la queue au lieu de bride , el lui mirent sur le dos une peau de mouton toute sanglante : voulant par cette dérision représenter le pape vêtu d'une chape d'écarlate , et monté sur un grand cheval. Ils firent entrer Bourdin dans Rome, pour intimider, par cet exemple, ceux qui oseroient à 1 avenir usurper le saint-siège ; et le peuple l'auroit fait mourir si le pape Calliste ne 1 eut délivré de leurs mains , et envoyé au monastère de Cave pour faire pénitence. De la il l'envoya l'année suivante à Janula , d ou son successeur, Honorius, le tira pour l'enfermera Fumon, près d'Alalri. 11 y acheva ses jours ; et telle fut la triste fin de Maurice Bourdin , qui

ayant corrompu par argent un de ses gens, ils

entrèrent de nuit dans son logis; et, comme il

dormoit , ils le mutilèrent cruellement d une "^" '": 'f gnsTe nom de pape , et ne laissbit

manière qui le forçoil à la œntinence. La non- I P^^^»^^,^^;^^^ ,^„ mérite (3).*Si-lôt qu'il fut pris,

velles'enètantrépandueparla ville, il lut ac- »' ^

câblé le lendemain de visites et de consolations plus insupportables que le mal même ; enfin la honte , plutôt que la piélè , lui fit embrasser la vie monastique ; et il persuada a Héloïse d'en faire de même. 11 entra à Saint- Denis , et elle demeura à Argenteuil, où elle prit le voile , mais plutôt en héroïne païenne

pas « ^.w.. . - - .

le pape Calliste en écrivit aux évêques et a tous les fidèles des Gaules en ces termes •• Dernièrement , après avoir célébré les fêtes de Pâ-

(1; rhars. VIII, vers. 9.5.

(2^ Panduir. et al. MS.

ap. Baron. 1121.

(3) Ab Ursperg. Balur.

Yila Burd. lo. X, Conc. p.

sgi.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

quos , ne pouvant plus souffrir les rlamours d(»s pèlerins et des pauvres , nous sommes sorlrs de Rome avec les fidèles de TEjîlise, et nous avons assiégé Sutri , jusqu'à ce que la puissance divine a livré Bourdin entre nos mains. La lettre est du vingt-septième d'avril , et Pâques a voit été le dixième Pour conserver la mémoire de cet événement, le pape fit faire une peinture dans une chambre du palais de Lalran, où Bourdin étoit représenté sous ses pieds.

Le pape Calliste rétablit à Rome la paix et la su été publique. Il démolit les tours de Cencio Frangipane , et des autres petits tyrans, et soumit quelques comtes qui pilloient les bi< ns de l'Eglise. Les chemins étoient libres pour aller à Rome, et personne ninsultoit aux étrangers quand ils y étoient arrivés (1). Les offrandes de saint Pierre étoient auparavant pillées impunément par les Romains les plus puissants, devant lesquels les papes précédents n'osoient ouvrir la bouche ; mais Calliste fit revenir ces offrandes à sa disposition, pour les employer à 1 utilité de l'Eglise Ce n'est pas qu'il fût intéressé, au con'raire, il conseilloit aux Anglois d'aller en pèlerinage à Saint-Jacques plutôt qu'à Rome, à cause de la longueur du chemin , et donnoit la même indulgence à ceux qui y alloient deux fois , que s'ils avoient été à Rome.

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