LITRE SOIXANTE-SEPTIÈME
tuelle , et celles qui n'avoient pas reçu cet honneur s estimoient malheureuses. Un jour il s avisa d'un nouveau moyen de s'enrichir. Il fit apporter au milieu de la multitude une image de la vierge, lui toucha la main, et dit les paroles de la célébration du mariaVe • puis il ajouta : Vous voyez que je viens d'émuséria vierge Marie, c'est à vous à faire les présents de noces. Il fil mettre deux coffres un a la droite, l'autre à la gauche de l'imaee ' 1 un pour les hommes, l'autre pour les femmes' et dit : Nous verrons lequel des deux sexes à plus d'affection pour moi et pour mon épouse C etoit a qui donneroit le plus d'offrandes • les
emmes y mettoient jusqu'à leurs colliers et l^urs pendants d'oreilles. Enfin, après que lanchelme eut répandu ses erreurs en plusieurs endroits dans les diocèses d'Utrecht de Cambrai et ailleurs, il fut tué par un prêtre qui lui cassa la tête comme il étoit dans une barque; mais ses erreurs ne laissèrent pas de durer après sa mort.
L'évêque de Cambrai, dans le diocèse duquel etoit Anvers, y avoit mis douze ecclésiastiques dans l'église de Saint-Michel pour aider le pasteur ; mais ils ne suflis(iient pas pour déraciner l'hérésie de Tanchelme ; et c'est ce qui les t)bligea d'appeler saint Norbert, et lui donner cette église avec quelques revenus pour v établir de ses disciples. L'acte de donation porte qu elle fut faite du conseil de Bouchard évoque de Cambrai , et du consentement de tout le peuple; et que les chanoines de Saint-Michel passeroient à l'église de Notre-Dame de la même ville (1). L'évêque donna aussi ses lettres de confirmation , datées de 1 an mil cent vinfftquatre. Norbert fit venir à Anvers des plus habiles de ses confrères, qui s'appliquèrent à I instruction de ce peuple. Lui-même v travailloit puissamment, cherchant principalement a les gagner par la douceur. Mes frères leur disoit-il, il ne faut ni vous étonner ni rien craindre ; c'est par ignorance que vous ayez suivi le mensonge, le prenant pour la venté; et si on vous l'avoit enseignée la première, vous l'auriez embrassée de même Ces discours et les œuvres dont ils étoient soutenus en convertissoient quelques-uns ; et ils rapport toient le corps de Notre Seigneur qu'ils gardoient depuis douze ou quinze ans dans des corbeilles ou dans des trous.
Ces hérétiques d'Anvers avoient grand rapport à ceux qui furent découverts quelque temps auparavant à Ivoi , dans le diocèse de Trêves, sous l'archevêque firunon (2). Ils nioient que le pain et le vin fussent chaneés sur l'autel au corps et sang de Jésus-Christ et que le sacrement de baptême fût utile pour le salut des enfants, et soutenoient plusieurs autres erreurs que l'auteur original, qui vivoit alors, n'a pas cru permis de rapporter. On en
(1) To. 1», Boll. p. 933. (i) HUt. Trevir. to. la.
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HISTOIRE DU CHRISTIANISME
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présenta quatre à Varchevéquc Brunon , dont doux éloient prêtres et deux laïques. Un des laïques s'enfuit, l'autre promit avec serraont de renoncer à cette fausse doctrine. Mais un des prêtres , nommé Fri(Jéric, la soutient hardiment devant l'archevêque, qui, lui ayant apporté les autorités de saint Augustin, tant sur l'eucharistie que sur le baptême des enfants, sans pouvoir vaincre son opiniâtreté : tous les assistants crièrent qu'il falloit le déposer. Mais le coupable, s'étant sauvé dans la foule, fut condamné par contumace L'autre
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