‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1904 sur 2407 · LIVRE SOIXANTE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE HUITIÈME

MI. Sdinl Norbert persécuté.

1 Su|) liv. \Lv, n. 00. (2, liibl. Oiicul. p. 023, Marian. lib. x, c- 10. 407.

Depuis cinq ans qu'il gouvernoil l'église de Magdebourg , il avoil souffert de granit .s perse» uti()ns(l); car, incontineni après sa prise di« possession, s.chuii quun évêque, selon Lapùire, doit bi n gouverner sa maison, il app la tous sis vITicicrs, el leur demanda (juelj etoii nt les revenus de la mense episcopi le, el par qui ils éloi. ni administres. (^)uand on eut Lut tom te et m s pir Cirit, avec les de,:ens's qui» l'iui en dev.il tirer, à peine s"en trouva-l-il de quoi subsi>l r qu<»lre mois. Larclievêque, fort surpris, demanda si celle eg ise avoit été auîrefois plus iich',el si s s p edecesseurs en a voient negli.,e les drtdts. On lui r« p >ndit (|ue quelques-uns d'entre eux a voient douné ou prête des terres de 1 église à leurs j arenis, que d autres en a voie, t donné en lief, ou n avoieid p<is eu la force de résister aux us irpaleuis.

Alors I arciievêque envoya de tous côtés dénoncer à c. u\ qui possédoicnt des terres de son église quiL m- fassent pas assez ha. dis pour les retenir plus long-l n^s, à mous qu ils ne tiss ni Noir qu\ lies leur venoieni de leurs an être.>. Ces usurp.iteui s furent exuêmement indig[iés de re{e\oir un ordre si absolu de la pan d'un homme pauvre vi desai nié, qui éloit >enu sur un àne, el ils crurent que ce seroit une menace sans exécution. Mais le prélat les e\(()mnujuia, et par-là ils se virent réduits à une fàciieuse condiiion, car l'usage éloit q e Ciux qui et, ienl demeuies un ..n exconmiuniés éloit nt repules infâmes, el loule audience leur etoil refusée daiss les tribunaux ; ils quittèrent donc une grande partie de ce qu ils avivent usurpe sur I église de Magdebourg j mais ce fui bi. n maigre eux, et ils conservèr ut uae haine mo. bile contre larthevêque; il s'«dlira cncc^re celle du derge, obligeant to s ceux' qui éloienl dans les ordres sacres à garder la continence ou à renoncer à h urs bénéfices. Po.uquoi, disoienl-ils, a\oni-nous appelé cet etrang> r, dont lis mœurs sont si coût, aires aux notre.-.? Ils le cliargeoienl d'injures et lesdeiFioient jainu le peuple, en sorte qu'il devint universellement ouieux aux auu-es, parce qu'ils se laisjo:e:il entnuner aux bruits popal, lires. Il se rendit encoie odieux ; ar la fondalion de plusieurs maisons religieuses, pariicuiièremenl de son ordre, comme de Sainit -Marie d' Magdebourg, d'où il ùta vin^l cha loini'S séculiers pour y mettre des siens. Enfin, !a haine vint a Ici point, que ron altenta plusici^rs fois < outre sa vie.

Lu jour du jeudi-saint, connue il recevo'l les confessions des pénitents, il vint un jeune homme demander avec empre- sèment au portier d entrer aussi pour se confesser. Mais rarchevê(|ue le réserva pour le dernier; (t (pia.'id il cura lui d -fendit d app ocher , el

(1) Vilac. 15, n. I. I Tira. III. 4.

(2; Chr. Maurin. i». 3T?

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HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[ AndcJ.-C. 1131.

AndeJ.-C. 1131.1

fLIVRE SOIXANTE-HUITIÈME,

lui fit ôtcr un manteau dont il ctoiî couvert, comme les pénitents. Alors on vil à son coté un couteau pointu, lonj^ d'un pied et demi ; et étant interrogésurcequ ilcn vouloilfaire, il se jeta au\ pieds du prélat, et confessa qu'on l'avoit envoyé pour le tuer; il nounna même les auteurs de cetatlenlat, et les assistants furent biens éloimésde voir que c etoient ceux qui avoientleplusdepartaux conseils de larctievéque. Il pardonna à l assassin, mais il le fit mettre en prison, alin de découvrir les desseins de ses complices, et les punir par la honte qui leur en reviendroit, ce qui n empêcha pas qu'un de ses clercs domestiques ne tentât encore de le tuer la nuit, connue il alloit à matines.

Cependant Norbert permit aux religieux de Prémontré d élire un autre abbé à sa place, et ce fut llu;;ues, son premier disciple, qu'il renvoya de Magdebour-^ pour les içouverner, connue il fit jusqu à lan mil cent soixantequatre, qu'il mourut. On établit aussi des abbes à Saint-Michel d'Anvers, à Floref, à Saint-Martin de Laon, à Viviers et Roime-Éspérance en Hainaut. Ces six premiers abbés tinrent aussitôt un chapitre général, où ils ordonnèrent qu'ils en tiendroient un tous les ans, à l'imitation des moines de Citeaux, pour la conservation de l'observance; et dés lo quatrième chapitre ils se trouvèrent dix-huit abbés, tant 1 institut de Prémonlré fit de progrés en peu de temps.

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