XXXV. L'empereur Lolhaire en Italie
Cependant, l'empereur Lothaire vint en Italie, où le pape l'avoit appelé dès l'année précédente, lui envoyant le cardinal Gérard et Robert, prince de Capoue, chassé de son état par Roger, roi de Sicile. C'étoit contre ce prince. Tunique protecteur de l'antipape, que le pape Innocent imploroit le secours de Lothaire, à qui sainl Bernard écrivit de son côté, sur le même sujet, l'exhortant à défendre
I Eglise contre les schismaliques, et sa couronne c(mtre Roger, qu'il traite d usurpateur.
II écrivit aussi à l'empereur en faveur des Pisans, à qui \\m avoit rendu de mauvais offices auprès de lui, et lui représenta fortement les services qu'ils avoient rendus à l'Eglise et à 1 état. Et pour consoler le pape en attendant l'arrivée de l'empereur, saint Bernard lui écrivit au nom d'Albéron, archevêque de Trêves, par Hugues, archidiacre de Toul, qui alloit à l\ome (i). Il assure le pape de la fidélité de l Eglise de deçà les monts, et ajoute que l'empereur prépare une puissante armée pour la délivrance de l'église romaine.
En effet, Lothaire passa les Alpes en mil cent trente-six, suivi d'une armée nombreuse, qui répmdit la terreur dans toute l'Italie; mais les alTaires de Lombardie l'obligèrent à séjourner dans cette province le reste de l'année. Cependant, comme il sa voit quelle étoit l'autorité de l'abbé du mont Cassin, et les grands domaines que ce monastère possédoit dans la Campanie et dans la Pouille, il écrivit à Seignoret, qui en étoit abbé, que si quelque crainte l'avoit séparé de l'unité de LEglise, il revînt au pape Innocent, reconnu de tout le monde, pn^netlant de sa part à ce monastère toute sorte de protection. 11 écrivit de même aux moines, et leur fit écrire par l'impératrice Richise son épouse.