‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1939 sur 2407 · Sup liv \\v, c. 3y · texte numérisé non relu

Sup liv \\v, c. 3y

(2) Vita p. 321.

(3; Chr. Maurin. p. 382.

(4) Chr. Rencv.Oir. Cass.

IV, c. i-Àb. Vila Ucrn. lib.

II, c.

droit le parti qu il trouveroil le plus juste Car il savoit que tout le reste de la chretieMlè reconnoissoit Innocent, à l'exception de lui et de son royaume.

Ce projet fut exécuté ; le pape Innocent envoya à Sa 1er ne, qui étoit la résidence du rr'i , deux cardinaux, le chancelier Aimery, et Gérard, et saint Bernard avec eux; lanlipape Anaclet y envoya trois cardinaux, le chancelier IMatihieu, Pierre de Pise, et un autre, nommé Grégoire. Le roi examina premièrement l'èlecticm d'innorent pendant quatre jours , depuis le matin jusqu'au soir, a> ec une patience merveilleuse ; et les quatre jours suivants il examina de même 1 élection d'Anai lel. Ensuite il assembla le peuple et le clergé de Salerne, avec les èvêques et les abbés qui s'y trouvèrent, et leur déclara quil ne pouvoit seul décider celte question, (^'est pourquoi , ajouta-t-il , s'il plaît à ces cardinaux , ils écriront la forme de l'une et de l'autre élection ; et de chaque cùlé il en viendra un avec moi en Sicile , où j'espère célébrer la fêle de ]\oël. Là, j'assemblerai les èvêques et les autn^s hommes sages , par le conseil desquels j ai suivi jusqu'Ici le parli d'Anaclet, et je l»Tminerai celte affaire par leur avis. Le tardinal Gérard répondit : Sachez que de notre part nous n'écrirons point l'èlectitm du papeinnorent, no s vims l'avons assez expliquée de vive voix; mais nous voulons bieu envoyer avec vous en Sicile le cardinal Guy de Castel. On envoya aussi un cardinal du côté d'Anaclet.

Pendant cette négociation de Salerne, saint Bernard eut une conférence en présence du roi avec le cardinal Pierre de Pise, qui f assoit pour très-éloquent, et très-savant dans les lois et dans les canons. Après que Pierre eut parlé en faveur d'Anaclet, Bernard répondit : Je sais quelle est voire capacité et votre érudition ; el plût à Dieu qu(^ vous eussiez à défendre une meilleure cause! 11 n'y auroit point d'éloquence qui vous put résister. Quant à nous autres gens rustiques, plus accoutumés à manier la bêche qu'à plaider des causes, nous garderions le silence, si l'intérêt de la foi ne nous pressoil. Ensuite, il parla fortement sur l'uniié de l'Eglise, el montra qu il éloil impossible que le roi Roger marchât dans le bon chemin, puisqu'il éloil seul de tcms les princes pour Anaclet. Enfin, il pressa Pierre de Pise par de si puissantes raisons, qu il lui persuada de retournera Bome, et se rétoncilier au pape Innocent. Pour le roi Roger, il étoit retenu dans le schisme par son intèrêr; car il avoit usurpé des patrimoines de l'éi^lise romaine, près du mont Cassin et de Bénévenl; el il espéroit, en différant de se réunir, obtenir de Rome des titres pour les conserver.

H ne fut pas même louché d'un miracle que saint Bernard fit pendant ce séjour. 11 y avoit

ml

ri»

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[AndeJ.-C. lis

An de J.-C. 1138.

Page 1