‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1940 sur 2407 · LIVRE SOIXANTE-HUITIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE-HUITIEME

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à Salerne un homme noble et très-connu, qu'il en eut porté le vain titre environ deux

dont la maladie avoit épuisé tout l'art des mois. Ainsi finit le schisme le jour de l'octave

médecins, quoique cette étude fut alors cul- de la Pentecôte, vingt-neuvieme de mai , mil

tivée principalement à Salerne. Le malade cent trente-huit. Les enliuils de Pierre de

apprit en songe qu'il étoit venu en celte Léon vinrent les premiers auprès du pape , et

ville un saint homme qui avoit le don des lui firent hommage-lige; les clercs schisma-

guérisons. Il eut ordre de le rechercher, et tiques vinrent ensuite lui promettre obéis-

de boire de l'eau dont il auroit lavé ses mains, sance ; la joie fut grande parmi le peuple (1).

11 le fit et fut guéri. Ce miracle fut su dans Toutefois, Gilon, cardinal-evéque de Tuscu-

toule la ville, et vint aux oreilles du roi et de lum , demeura encore quelque temps dans h»

toute sa cour. schisme après la mort de l'aiilipape, comme

Guibald, abbé du mont C.issin, vovant le il paroit par une lettre que Pierre le véné-

, envoya lui deman- ! rable lui écrivit pour le ramener ; car il avoit

roi Roger maître du pays der la paix ; mais le roi lui répondit qii il ne soufFriroit point dans ce monastère un abbé établi par l'empereur, et que si Guibald tom-

été moine de Clugny.

Alors le pape Innocent reprit dans Rome l'autorité lout entière (-2). On venoit le visiter

boit entre ses mains, il le feroit pendre. Alors de tous côtés, les uns pour affaires, les autres Guibald, voyant que sa présence ne faisoit seulement ïH)ur lui faire des compliments de

conjouissance. On faisoit par les églises des processions solennelles, le peuple, ayant quilté les armes, accouroit pour entendre la parole de Dieu; la sûreté et l abondance se rèlablissoient. Avec le temps, le pape rétablit aussi le service des églises , et en répara les ruines ; il rappela les exilés, et repeupla les colonies déferles. Innocent étoit à Rome dés le premier jour de mai mil cent trente-huit , comme il paroît par sa bulle donnée en faveur de Baudouin , qui , cette année même, fut élevé à Tarchevéché de Pise, et à qui le pape accorda juridiction sur trois évéchés de lile de Corse , et sur deux de Sardaigne, avec la légation en celle-ci. Baudouin étoit de Pise même, moine de Cileaux , et le premier de cet ordre qui lût cardinal. Ce fut Innocent qui l'èleva à celle dignité en mil cent trenl<' , au concile de Clermont ; et il honoroit t« llemenl saint Bernard, (jue, lout cardinal qu il étoit, il ne dédaignoil pas de lui servir de secrétaire. Le saint abbé de son côté, écrivant à ses frères deClairvaux , dil que Baudouin éloil son unique consolation pendant qu'il étoit éloigné d'eux (3).

que nuire au monastère, et qu il s'exposeroit inutilement à la mort, se retira secrètement et de nuit , le second jour de novembre ; puis il écrivit à la communauté d élire un autre abbé à sa place, et revint à Stavelo, sa première abbaye (1). Douze jours après sa sortie , les moines du mont Cassin élurent pour abbé Rainald de Collemezzo . qui avoit été compétiteur de Rainald le Toscan. Le roi Roger lui ac( orda une trêve ; et c'est ici que finit la chronique du mont Cassin, continuée par Pierre, diacre et bibliothécaire de ce monastère.

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