XLIX. Conrad III, roi des Romains
En Allemagne, après la mort de l'empereur Lothaire, on avoit indiqué à INlayence une assemblée générale pour la Pentecôte mil cent trente-huit; mais quelques seigneurs craignirent que Henri le superbe, duc de Bavière , gendre du défunt empereur, ne se rendît maître decelteassembheparson autorité, qui étoit alors la plus grandedans le pays (2). C'est pourquoi ils s'assemblèrent à Coblentz , le jour de la chaire de Saint-Pierre, vingt-deuxième de février, et élurent roi des Romains Lonrad, ducdeSouabe, fils de la sœur de Henri Y. Cette èlecticm se fit en présence de Théoduin, évêque- cardinal et légat du saint-siége, qui promit le consentement du pape, des Romains et de toutes les villes d Italie. Ensuite le nouveau roi, Conrad m, vint à Aix-la-Chapelle, et y fut sacré le dimanche de la mi-carême, treizième jour de mars, parle cardinal-légat, assisté des archevêques de Cologne et de Trêves, et des autres évêques. L'archevêque de Cologne auroit du faire cette cérémonie, mais il n'avoit pas encore reçu le pallium. Le roi Conrad célébra à Cologne la fête de Pâques , qui, cette année mil cent trente-huit, étoit le troisième d'avril ; et de là il passa à IMayence, dont le siège étoit vacant par le décès de l'archevêque yVlbert. 111e donna au neveu du défunt, nommé Albert comme lui, suivant l'élection du clergé et du pt^uple. Cependant les Saxons et le duc Henri , qui outre la Bavière avoit aussi la basse Saxe, réclamèrent contre l'élection de Conrad, et furent invilésà unecour générale qu'il tint à la Pentecôte à Bamberg. Jls s'y rendirent , mais non pas le duc Henri ; et ce prince, déchu de son autorité, mourut l'année suivante.
En cette assemblée de Bamberg, le nouvel archevêque de Mayence, Albert 11, fut sacré
fl) Charla. ap. Perar p.
(2> Ollo. Fris. VU, Chr. c. 2i. Dodech. an. 1138, Chronogr. Sax. Id.
le dimanche de Toctave de la Pentecôte, par siiint Olhoii, evêCjUe de Bamberg, qui ne survécut paslong-îempsà cetlefonclion ; car, étant épuisé de vieillesse et de maladie, il s'affoibli&soit de jour en jour (1). Son dernier s( in fut celui des pauvres, dont il remplit sa ville et les villages voisins pour les faire secourir. 11 pourvut aussi aux besoins des églises et des monastères de son diocèse, et dans ces saintes occupations il mourut le vingt-neuvième de juin mil cent trente-neuf. On le porta trois jours durant par toutes les églises de la ville, où l'on offrit le saint sacrifice et des prières continuelles , acccmpagnées d'aumônes, pour le repos de son âme. Le quatrième jour, qui étoit le second de juillet , Imbricon , évêque de \\ irtzbourg , son ami , arriva pour faire ses funérailles, et y prononça une oraison funèbre, où il représenta la perte que faisoient les pauvres, l'empereur et le pape, l'Eglise et l'état. Saint Olhon fut ainsi enterré dans l'église du monastère de Saint-Michel , qu'il avoit fondé, et canonisé cinquante ans après par le pape Clément 111. L'Eglise honore sa mémoire le jour de sa sépulture (2).