‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1968 sur 2407 · LXXVI. Condamnation des écrits de Constantin Chry · texte numérisé non relu

LXXVI. Condamnation des écrits de Constantin Chry

somdlc.

A Constantinople , le patriarche Léon Stypiote tint un concile au mois de mai,indiction troisième, qui doit être l'an mil ci;nt quarante , où assistèrent onze métropolitains et deux archevêques, avec les ofliciers de 1 empereur (2). Ce concile fit un décret, ou le patriarche dit en substance : Nous avons appris de quelques moiiu^ du monastère de Saint-Nicolasquil s'y trouve des écrits du défunt Constantin Chrysomale , dont , après les avoir lus, ils ont été tort scandalisés , à cause de la quantité d impertinences et d'absurdités qui y sont contenues, et que cas écrits ont été déjà communiqués à plusieurs personnes, comme trèsutiles et propres pour conduire à la perfection des mœurs. C'est [xmrquoi, nous étant appliqués très-soigneusement à cette affaire , nous avons recouvré trois exemplaires de ces écrits tirés de difTerents monastères ; et, les ayant examinés en particulier et dans le concile , nous les avons trouvés pleins , non-seulement de nouveautés et d'extravagances, mais d hérésies manifestes, et principalement de celles des enthousiastes et des bogomiles. ^

L'auteur dit, entre autres choses , que c est adorer Satan que de rendre honneur à quelque prince ou magistrat que ce soit. Que tous ceux qui ont été baptisés dans l'enfance, suivant la coutume établie , ne sont point ve-

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A) G. 18. (3) C. 27, lib. XV, C. 1,

/2) Sup. liv. LXVl,n. 47. 2, 3, c. 45.

AndeJ.-C.iui.] LIVRE SOIXANTE-HUITIEME.

ritablement chrétiens, parce qu'ils n'ont pas été instruits auparavant , quêteurs vertus ne sont que des vertus païennes, qu'ils ne doivent point lire l'Evangile qu'ils n'aient été instruits, initiés à leurs mystères et transférés de la puissance de Satan ; sans quoi il ne leur serviroit de rien ni d'être élevés à l'épiscopat , ni de savoir l'Ecriture par cœur, ni d'instruire les autres , n'ayant que la science qui enfle. Tout de même que la pénitence est inutile à ceux qui ne sont pas régénérés par hmr baptême , mais que ceux qui ont cet avantage, et qui sont les vrais chrétiens , ne sont plus soumis à la loi (1 ), comme étant arrivés à la mesure de lâge de Jésus-Christ. 11 dit encore que^out chrétien a deux âmes, Tune impeccable, l'autre pécheresse, et que celui qui n'en a qu'une n'est pas encore chrètieiL Pour ces erreurs et plusieurs autres contenues dans ces livres, nous avons ordonné qu'ils seroient aussitôt jetés au feu , et prononcé analhème contre tous ceux qui sont dans ces sentiments. Défendant généralement que personne ne soit assez hardi pour )roposer de nouvelles doctrines et s'attribuer autorité d'enseigner. Nous défendons aussi à

toute personne de lire aucun nouvel écrit, s'il n'a été examiné et approuvé par l'église catholique, particulièrement ces écrits attribués à Chrysomale, et tous les autres du môme auteur qu'on pourroit trouver, sous peine d'anathèmc et d être livrés au bras séculier.

Quant à ceux chez lesquels ces écrits avoient été trouvés, et qui étoient deux supérieurs de monastères, l'un d'eux, nommé Pamphile, ayant d(»mandé pardon et déclaré qu'il ne les avoit lus que par ignorance et à bonne intention , le concile reçut sa satisfaction , et le déchargea des peines qu'il avoit encourues; mais l'autre, nommé Pierre, fut déclaré incapable de gouverner, et condamné à passer dans un autre monastère pour y vivre sous la conduite d'un supérieur. Ce qui lui fut accordé par grâce, après qu'il se fut jeté aux pieds du patriarche et de tous les prélats du concile.

LXXVll. Guillaume, archevêque d'York.

En Angleterre,Turstain, archevêque d'York, mourut le cinquième de février mil cent quarante, après avoir tenu ce siège vingt-six ans, et il vaqua près d'un an. Car Henri, évêqiie de Winchester, frère du roi Etienne et légal du pape, lit premièrement élire Henri de Coili, neveu du même prince ; mais, comme il étoit abbé de Saint-Etienne de Caen , le pape Innocent ne voulut point qu'il fût archevêque s'il ne renonçoit à 1 abbaye (2). Au mois de janvier mil cent quarante-un , on procéda à une nouvelle élection , et la plus grande partie s'ac-

(1) Guin.Tyr.xYi,c. 17.

Sup. Uv. Lxvui, n. U.

(8) Lee. Allai de Conf.

u,c. il.

(1) K|)h.xv,23, (i) Godouin. Ebor. c.

Î8, U. \ ila S. Guill. 8juin.

ap. lioll. to. 2, p. 137 >Iouast. Angl. lo. 2, p. 745.

corda à choisir Guillaume , trésorier de l'église dTork. II étoit aussi neveu du roi Etienne, fils d'Emme, sa sœur, et d'Hébert, comte de Winchester ; ses mœurs étoient trèspures, sa douceur le rendoit aimable, et il étoit libéral envers les pauvres. IMais l'archidiacre Gautier et quelques autres s'opposèrent à son élection , soutenant qu'elle n'avoit pas été libre, et que le comte d'York l'avoit ordonnée de la part du roi. En effet, ce comte avoit assisté à lélection , et l'archidiacre Gautier s'étant mis en chemin pour aller trouver le roi , il le fit prendre et enfermer dans son château de Biham. Cependant l'archevêque élu fut mené à Lincoln , où le roi le reçut agréablement , et le mit en possession des terres de l'archevêché.

Ceux qui se plaignoient de son élection appelèrent au pape , et ils avoient pour eux des religieux de grand mérite , entre autres Guillaume, abbé de Ridai, et Richard, abbé de Fontaines , deux monastères de l'ordre de Cîteaux, dans le diocèse d York. Ils accusoient l'archevêque Guillaume d'avoir procuré son élection par simonie et par violence, et ils en persuadèrent si bien saint Bernard, qu'il écrivit plusieurs lettres au pape Innocent contre ce prélat (1). 11 écrivit aussi à Tabbé de Ridai pour modérer son zèle , et le consoler de cette élection par la maxime de saint Augustin , que le péché d'autrui ne nous nuit point si nous n'y consentons. Il ajoute que l'on peut sans scrupule recevoir l'ordination et les autres sacrements de! la main d'un mauvais évéque, tant que l'Eglise le tolère.

L'abbé de Fontaine alla à Rome avec l'archidiacre Gauthier, l'archevêque élu s'y rendit aussi ; sa cause fut examinée dans le consistoire en mil cent quarante-deux , et comme le principal chef d'accusation étoit que le comte d'York avoit , en plein chapitre , commandé de la part du roi d'élire le trésorier, le pape déclara qu'il pourroit être sacré si le doyen d'York allirmoit par serment que le comte n'avoit point porté au chapitre cet ordre du roi, et si l'archevêque Guillaume affirmoit lui-même qu'il n'avoit point donné d'argent pour cette dignité. On lui accorda même de pouvoir faire prêter le serment par une autre personne approuvée , au lieu du doyen. En exécution de ce décret du pape, l'archevêque Guillaume, étant de retour en Angleterre, se présenta au jugement du légat, son oncle, dans une assemblée tenue à W inchester, au mois de septembre, où étoient les nobles du clergé d'Angleterre. La multitude étoit pour lui, et demandoit avec empressement qu'il fût sacré, etil ne se présenta personne qui osât parler contre lui Guillaume de Sainte-Barbe, qui de doyen d'York étoit devenu évéque de Durham, fut mandé à cette assemblée ; mais il s'excusa par un député, et à sa place se présentèrent

(1) Epist. 3iG, 347,353.

Ande J.-C. 1U3.]

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