‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1969 sur 2407 · LIVRE SOIXANTE-HUITIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE-HUITIEME

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[An de J.-C lli«.

lit.

Raoul, évéque des Orcades, et deux abbés, qui firent le serment avecl'élu(l). Ainsi il fut sacré par le légat Henri , évéque de Winchester, le dimanche vingt-septième de septembre mil cent quarante-deux. Thibaud , archevêque de Canlorbéry, prétendoit que celte ordination lui appartenoil ; mais il n'approuvoit pas Télection de Guillaume.

LXXYIII. Pierre de la Chaire, archevêque de Bourges.

Il y eut aussi en France un grand trouble à l'occasion du siège de Bourges. L'archevêque Albéric étant mort lan mil cent quarante, le pape fit élire à sa place Pierre de la Chaire , d'une famille noble du pays, parent d'Aimeric, chancelier de l'église romaine, et l'envoya prendre possession (2). Mais le roi Louis le jeune, indigné qu'il eût été élu sans son consentement, jura publiquement que, lui vivant, Pierre ne seroit jamais archevêque de Bourges, permettant à celte église d'élire tel aulre archevêque qu'il lui plairoit, et il empêcha que Pierre ne fût reçu dans la ville. Pierre alla à Rome, et fut sacré par le pape, qui disoitque le roi étoit un jeune homme qu'il falloit instruire , et empêcher qu'il ne s'accoutumât à de telles entreprises. Ajoutant que les élections n'étoient pas vraiment libres quand un prince donnoit l'exclusion à quelqu'un, à moins qu'il ne prouvât devant un juge ecclésiastique qu'il ne devoit pas être élu ; car alors le prince devoit être écoulé comme un aulre. El parce que le roi avoit défendu à l'archevckjue Pierre l'enlrée de toutes les terres de son obéissance , le pape les mit toutes en interdit, défendant d'y célébrer l'office divin (3).

Thibaud , comte de Champagne , qui avoit de grandes terres en Berry, prit sous sa protection l'archevêque Pierre, en sorte que toutes les églises lui obéissoient. Mais le roi , 'rrité, assembla ses vassaux, et porla la guerre en Champagne , où la ville de Vitry fut brûlée, avec une grande raullilude de peuple de tout sexe et de tout âge. H se joignit un autre sujet de division entre ces princes. Raoul , comte de Vermandois , voulant épouser Pétronille , sœur de la reine Aliénor, fit déclarer nul son mariage avec la nièce du comte d(

plaintes au pape Innocent ; et saint Bernard , lui écrivant sur le même sujet , ne manqua pas de faire valoir la protection que ce prince donnoit à l'archevêque de Bourges. Sur ces plaintes , le pape fit excommunier le comte de Yermandois par le cardinal Ives, son légat en France, qui avoit été chanoine régulier de Saint-Victor ; les terres de ce comte furent mises en interdit, et les trois évêques, ses compli( es , furent suspimdus de leurs fonctions. Mais le comte de Champagne, pressé par la guerre qui désoloitson pays, fut réduit à promettre par serment qu'il feroit révoquer celte censure ; et saint Bernard se joignit enœre à lui pour le demander au pape, disant qu'il lui seroit facile d'excommunier de nouveau le comte de Vermandois s'il ne tenoit pas sa parole.

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