XX. Olhon de Frisingue
Olhon, évêque de Frisingue , de qui nous tenons ce récit , étoit fils de Lèopold IV, marquis d'Autriche, qui est compté entre les saints, et honoré comme tel le quinzième de novembre , ayant été canonisé par le pape Innocent VllI en mil quatre cent quatrevingt-cinq, environ trois cent cinquante ans après sa mort (2). La mère d'Othon fut Agnès, fille de l'empereur Henri IV. Elle avoit épousé en premières noces Fridéric , duc de Souabe, dont elle avoit eu Fridéric qui succéda au duché, et Conrad, roi des Romains; ainsi Olhon étoit frère utérin de ce prince. Saint Lèopold , son père, l'ayant fait étudier, le fil prévôt du chapitre de Aeubourg en Autriche qu'il avoit fondé. Mais Othon, voulant étudier plus à fond, vint à Paris , et y passa plusieurs années. Comme il retournoit en son pays, touché de la régularité de l'observance de Cîteaux et des vertus de saint Bernard, il embrassa la vie monastique avec quinze compagnons de son voyage dans IMorimont, dont il fut depuis abbé. En mil cent trentehuit, le roi Conrad , son frère, le tira de ce monastère pour lui donner Févêché de Frisingue , qu'il gouverna vingt ans sans quitter Ihabit monastique. Il retira les biens aliénés et dissipés de cette église, et rétablit la régularité dans le clergé et les monastères. Il passoit pour un des plus savants entre les évêques d'Allemagne, et fut un des premiers qui introduisit l'élude delà philosophie, particulièrement la logique d'Arislole. Il étoit éloquent,
(1) Ollo. 1, Frid. c. iO.
^2) Martyr. Rom. 15
nov. Vita Otto. init. Chr.
Radevic. ii, hist. c. 11.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
if.
et Iraitoit souvent les affaires de l'Eglise devant les rois et les princes.