‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1995 sur 2407 · XIX. Croisés allemands · texte numérisé non relu

XIX. Croisés allemands

Pendant le même mois de février mil cent quarante-sept, le roi Conrad tint une cour

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roi Louis ét<ât venu au devant de Im ; il y Saint-Esprit, il monta au jubé , et , ayant lu avoit aussi plusieurs seigneurs de France^ et j^^ 1^,^,^^ ^^ ^^^^ ^^ j^ ^^^^^ Bernard , c estd'Allemagne, et des ambassadeurs du roi des ^.^jjj.^ ^^ 1^,^^^ circulaire dont j'ai parlé , il fit Romains , pour conférer sur le voyage de Jérusalem. Saint Bernard fut tellement occupé de cette conférence pendant le dimanche et le lundi , qu'il ne put sortir que pour satisfaire le peuple , qui le désiroit ardemment ; mais le bien général étoit préférable aux désirs des particuliers. Le jeudi, sixième de février , il arriva à Clairvaux, et ne faisoit pas moins de miracles dans son pays qu'ailleurs. 11 amena avec lui trente moines qu'il avoit gagnés en ce voyage ; et il en attendoit environ autant, qui avoient déjà fait leurs vœux, et pris jour pour se rendre au monastère. 11 demeura peu de jours à Clairvaux , et pendant ce séjour il défendit d'y laisser entrer les malades qui venoientpour être guéris , de peur de troubler le repos des frères (1;. Depuis ce retour à Clairvaux, la relation des miracles ne marque plus exactement les jours, mais seulement les lieux où ils furent faits.

XVIU. Parlement dEtampes.

Le dimanche de la Septuagésime, seizième de février mil cent quarante-sept, saint Bernard se rendit à E lampes , où le roi Louis tint encore une conférence au parlement touchant la croisade (2). On y parla de la route que l'on devoit tenir, et on résolut d'aller par la Grèce; contre l'avis de plusieurs, particulièrement des envoyés <le Boger, roi de Sicile, qui représentoient le danger qu'il y avoit de se lier aux Grecs. Ensuite on délibéra à qui on devoit confier la garde du royaume pendant l absence du roi. H en laissa le choix aux prélats et aux seigneurs , et, après qu'ils l'eurent fait , saint Bernard revint le premier l'annoncer; et, montrant l'abbé Suger et Guillaume, comte de i\evers, il dit : Voici des glaives , et c'est assez. Tout le monde approuva ce choix, excepté le comte de Nevers, qui avoit fait vœu d'entrer dans la Chartreuse , et l'exécuta peu de temps après , sans pouvoir en être détourné ni par les prières du roi ni de tous les autres. Ainsi , l'abbé Suger demeura seul chargé de la régence, qu'il ne voulut toutefois accepter qu'après en avoir reçu ordre exprès du pape. On marqua le jour du départ à la Pentecôte, où Ton devoit encore s'assembler à Metz. Le roi portoit toujours sur l'épaule la croix cousue à son habit , depuis qu'il l'eut prise à Vézelai à Pâques mil cent quarante-six.

(\) C. 11, 12, 13, 14. C2) Tom. X, Conc. p. UOi.

une exhortation simple et courte, qui persuada presqu'à tous les assistants de se croiser. Car ils venoient à ce dessein , étant déjà excités par le mouvement précédent. Trois évêques se croisèrent sur l'heure : Henri de Ralisbonne,Olhonde PrisingueelReinbert de Passau. Henri , duc d'Autriche , frère du roi Conrad , se croisa aussi , et une infinité d'autres seigneurs. Mais ce qui sembla plus merveilleux, c'est la grande multitude de pillards et de voleurs qui accouroient pour se croiser , et ce changement paroissoit un coup du ciel. Labeslas, duc de Bohême , Odoacre , marquis de Slyrie , et Bernard, comte de Carynthie, se croisèrent peu après.

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