‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2008 sur 2407 · LIVRE SOIXANTE-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE-NEUVIÈME

Constantinople, vint par mer au port d'Acre, et de là à Jérusalem ; et Alphonse , comte de Toulouse, étant arrivé vers le même temps, mourut peu de jours après à Césarée , et, à ce qu'on disoit , de poison. Cependant , comme on sut à Jérusalem l'arrivée du roi de France, on envoya au devant de lui le patriarche Foucher, de peur qu'il ne s'arrêtât à Antioche ou à Tripoli ; car le roi de Jérusalem et tous les princes latins d'Orient avoient conçu de grandes espérances de larrivée des deux rois. Après qu'ils eurent satisfait à leur dévotion en visitant les saints lieux , on indiqua une cour générale à Acre , pour délibérer de l'entreprise que l'on feroit sur les infidèles.

A celte assemblée se trouvèrent le roi Conrad; Othon, évtkjue de Frisingue, son frère ; Etienne , évêque de Metz ; Henri , évêque de Toul , frère du comte de Flandre ; Théolin , légat du pape près du roi Conrad ; des seigneurs allemands; Henri, duc d'Autriche, frère du roi, Fridéric, duc deSouabe, son neveu et plusieurs autres (1). Les François étoient : le nn Louis; Geoffroy, évêque de liingres; Arnoul, évêque de Lisieux ; Guy de Florence, cardinal légat du pape. Les seigneurs laïques étoient Robert, comte de Dreux, frère du roi ; Henri, son gendre, fils du comte de Champagne; Thierry, comte de Flandre, beau-frère du roi de Jérusalem, et plusieurs autres. Le roi de Jérusalem , Baudouin III , étoit aussi à cette assemblée avec la reine Mélisende , sa mère ; le patriarche Foucher ; Beaudouin, archevêque de Césarée; Robert, archevêque de Nazareth: cinq autres évêques latins de Palestine; Robert, maître des chevaliers du Temple; Raymond, maître des hospitaliers, et quelques seigneurs laïques. La résolution que l'on prit à cette assemblée fut d'assiég(*r Damas, et le rendez-vous fut donné à Til)ériade pour le vingt-cinquième de mai.

Damas fut dcmc attaqué et pressé si vivement, que les habitants ne songeoient plus qu'à se retirer, quand ils trouvèrent moyen de gagner par argent quelques-uns des Francs , qui, trahissant les autres, leur persuadèrent de décamper et d'attaquer la ville par un autre côté où les vivres leur manquèrent , en sorte qu'ils furent obligés de lever lesiége. On disoit aussi qu'il y étoit entré de la jalousie du comte de Flandre et du prince d'Antiochc, dont chacun prétendoit devenir seigneur de Damas par la conquête. Le roi Conrad s'en revint en Allemagne incontinent après ; le roi Louis demeura en Syrie le reste de l'année, et fit à Jérusalem la pàque de l'année suivante, mil cent quarante-neuf, après quoi il revint en France; et tel fut le malheureux succès de la seconde croisade (2). Depuis ce temps, la condition des Latins orientaux devint manifestement plus mauvaise; car lesinfidèles, voyant lepoudefruit des grands efforts de leurs plus puissants prin-

(i; Tyr. lib. \vn, c. l. (2; C. 5, u.

ces , commencèrent à s'en moquer et à mépriser, après les avoir vus de près , ceux dont les seuls noms les effrayoient auparavant.

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