XIV. Accord du pape avec le roi de Sicile
Cependant, le pape Adrien se trouvant assiégé à Bénévent avec les cardinaux par Guillaume , roi de Sicile, et n'étant pas en état de lui résister, fut obligé de faire la paix à des conditions désavantageuses, au lieu de celles qu'il avoit refusées l'année précédente (2). Les députés pour ce traité furent, de la part du pape, trois cardinaux-prêtres, savoir, Hubaud, du titre de Sainte-Praxède, Jules de Saint-Marcel , Roland de Saint-Marc , chancelier de l'église romaine; de la part du roi, Mayon, grand amiral des amiraux , deux archevêques, Hugues de Palermo et Romuald de Salerne, Guillaume, évêque de Cales ou Calvi, et Marin, abbé de Cave. Les conditions du traité furent différentes pour les terres d'Italie et pour la Sicile.
Quant à la Fouille, la Calabre et les autres pays voisins, il fut dit : Si un clerc a un différent avec un autre clerc en matière ecclésiastique, et qu'il ne puisse être terminé par le chapitre, l'évêque ou une autre personne ecclésiastique dans la province, alors il pourra appeler au pape. Dans ces mêmes provinces on pourra faire des translations d'une église à l'autre en cas de nécessité on d'utilité, par la permission du pape. Il pourra consacrer les églises de ces provinces et les visiter, excepté celles où le roi se trouvera en personne; il pourra aussi y envoyer des légats, à condition qu'ils ne pilleront point les terres ecclésiastiques.
2^ Tyr. wiii, c. 8 Acla ap. Uar. au. 1156.
Quant à la Sicile, l'église romaine y aura droit de consacrer et de visiter les églises ; et si le pape appelle quc^lques personnes ecclésiastiques le roi pourra retenir ceux qu'il jugera à propos, soit pour le service de l'Eglise, soit pour le couronner lui-même L'église romaine aura en Sic ile les mêmes droits que dans le reste du royaume , excepté l'appellation et la légation , qui n y aura lieu qu'à la prière du roi. Pour les élections, le clergé les tiendra swrétes, jusqu'à ce qu'il les ait déclarées au roi , qui y doimera son consentement, s'il n'a quelque puissiinte raison d'exclusion contre la personne élue.
A ces conditions, le roi promit de faire hommage au pap<^ du royaume de Sicile, du duché de Pouille, de la principauté de Capoue et de toutes leurs dépendances, et de payer le tribut annuel comme ses prédécesseurs, et en donna sa bulle d'or datée devant Bénévent, au mois de juin mil cent cinquante-six, indiclion quatiième. Le pape Adrien donna sa bulle de la même date, par laquelle il déclare qu il a fait ce traité étant à Bénévent, en sûreté et en liberté , et y donne son consentement. Ensuite le roi vint à léglise de Saint- Marcien, près de Bénévent, où il se prosterna aux pieds du pape, et lui fit hommage-lige en présence de plusieurs évéques, cardinaux, comtes, barons et autres. Ce fut Othon Frangipane qui lit le serment pour le roi, que le pape reçut au baiser de paix , et ce prince Ot de grands présents au pape, aux cardinaux et à toute la cour romaine, en or, en argent et en drap de soie (1). Le pape et le roi se séparèrent contents; mais les cardinaux attachés à l'empereur Fridéric furent mal satisfaits de ce traité, comme lui étant préjudiciable, et honteux à l'église romaine.