XXII. Ecrits de saint Boniface et ses disciples
Les œuvres qui nous restent de lui les plus certaines sont ses lettres en grand nombre, recueillies sans ordre avec plusieurs autres, qui lui sont adressées ou écrites par ses disciples (3). J'en ai rapporté les plus remarquables, qui font voir son zèle, sa sincérité, son humilité. On lui attribue aussi des statuts, ou instructions aux évêqucs et aux prêtres, en trente-six articles, où l'on peut observer ce qui suit (i) : Un prêtre ne doit aller nulle part sans porter avec lui le saint-chrême, 1 huile bénite et l'eucharistie, afin d'être toujours prêt à exercer toutes ses fonctions. Il doit garder le saint-chrême sous le sceau, sans en donner à personne , sous prétexte de médicament ou autrement. Ceux que l'on baptise doivent faire en leur langue les renonciations et la profession de foi , afin qu'ils sachent ce
au'ils promettent. Ceux dont le baptême est outeux doivent être baptisés sans scrupule avec cette protestation : Je ne te rebaptise pas ; mais , si tu n'es pas encore baptisé , je te baptise. C'est le premier exemple que je trouve de baptême sous condition. Comme divers accidents nous empêchent d'observer pleinement les canons touchant la réconciliation des pénitents , chaque prêtre , aussitôt qu'il aura reçu leur confession, aura soin de les réconcilier par la prière , c'est-à-dire qu'il n'attendra pas que la pénitence soit accomplie. Le malade qui, après avoir demandé la pénitence aura perdu la parole oU la connaissance, sera nonseulement réconcilié par l'imposition desmains, mais recevra l'eucharistie, qu'on lui fera couler dans la bouche. Ce qui semble marquer la Seule espèce du vin. Le dernier article marque les fêtes de toute l'aimée en celte sorle : JNoël avec les trois jours suivants, la Circoncision, l'Eniphanie, la Purification ; Pâques avec les trois jotlrs suivants, l'Ascension, la Saint-Jean, la Saint-Pierre , l'Assomption de la Sainte- Vierge, sa Nativité, la Saint-André. Il avoit été parlé auparavant de la Pentecùte.
Saint Boniface doit être regardé comme l'apùtre de l'Alh^nagne et le restaurateur de la discipline en France; son monastère de Fulde devint l'école la plus célèbre de toute l'église d'Occident, pendant ce siècle et le suivant. Entre ses disciples les plus fameux , sont saint Burcard, évéque de Virlzbourg,mort quatre ans auparavant, l'an sept cent cinquante-un , le second jour de février, quoique l'Eglise honore sa mémoire le quatorzième jour d'octobre (1). Il eut pour successeur dans ce slé^e Megingaud, autre disciple de saint Boniface. On compte encore entre eUx saint Lulle, archevêque de Mayence, saint Yilibalde, évéque d'Eichester, qui a écrit la vie de son maître, saint Grégoire abbé, qui , sans être évéque, gouverna le diocèse d'Utrecht après la mort de saint Eoban : saint Sturme , abbé de Fulde, saint Vinibald , abbé de Heidenheim , frère de saint Yilibalde et de sainte Yalpurge, abbesse.