‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2060 sur 2407 · LIVRE SOIXANTE-DIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE-DIXIEME

en

richesses et les délices , oubliant leurs devoirs essentiels, et ne songeant plus qu'ils étoient les successeurs de Jésus-Christ et des apôtres (1). Jusqu'ici il n'y a \mnl lieu de soupçonner la lidélité d'Egbert; mais les visions contenues dans le quatrième livre forment de grandes diflicultés , car presque tout regarde sainte Lrsule et ses compagnes, entre autres sainte Vérenne, dont Gerlac, abbé de Duits, avoit envoyé le corps à llildelin, abbé de Schonauge.

En ce livre, Elisabeth raconte fort au long, comme l'ayant apprise de sainte Vérenne , d'un ange et d'autres saints, l'histoire de sainte Ursule, de ses compagnes et de ses compagnons , si fabuleuse , qu elle est manifestement insoutenable. On y voit entre autres un prétendu pape Cyriaque, inconnu à toute l'antiquité , que l'on place entre Pontien et Antéros, c'est-à-dire lan deux cent trentecinq , et, dans le même temps , on met un roi de Constantinople , nomme Dorothée , et un roi particulier en Sicile, quoiqu'Elisabeth prétende redresser les fautes de Ihistoire que l'on avoit déjà écrite des onze mille vierges (2). Or, je ne vois que deux manières d'expliquer ces difîicultés. On peut dire qu'Elisabeth, ayant lu attentivement ou entendu raconter ces histoires, s'en étoit tellement rempli l'imagination , qu'elle a cru apprendre en révélation ce que sa mémoire lui fournissoit, et qu'Egbert n'a pas su distinguer ce que l'imagination échauffée de sa sœur produisoit naturellement d'avec les révélations surnaturelles. Ou bien, il faut dire, comme dit le cardinal Raronius sur un semblable sujet, que cette partie des révélations est supposée, et qu'Egbert , ou quelqu'autre, voulant autoriser cette histoire de sainte Ursule, l'a attribuée à Elisabeth, la faisant parler comme il a voulu (3). Mais il faut avouer que lune et l'autre explication donne grande atteinte à toutes ces révélations ; car, qui nous assurera que les autres soient plus fidèles? En général, il faut convenir, avec le pieux et savant Pierre Papebroc, qu'on ne peut faire aucun fonds sur ces révélations de saintes, pour établir des dogmes Ihéologiques ou des faits historiques, puisque l'on trouve des révélations contradictoires , et qu'il ne faut chercher les faits que dans les histoires authentiques, suivant les règles de la critique la plus judicieuse.

Outre les visions, on a quinze lettres d'Éli-

supérieure , ou , comme elle se nomme , maitresse des religieuses de Schonauge. Elle s'y

(1) Trilhem. Chr. Span- (2) Vision, lib. iv, c. 2.

hem. an. 1153. Vadalberti (3) Vila ap. Doll. ISjun.

rnartyrol. tom. 5, Spicil. p. to. 21, p. OOi. 330*

(1) III, C. 6, etc. li; IV, c. 2.

^2) V. Papebr. Conal.

Dissert. 5, cl l>ara!ip. tom.

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