‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2059 sur 2407 · Roder. Hisl. viir, c · texte numérisé non relu

Roder. Hisl. viir, c

(3) Rob. an. 1156.

[An de J.-C.115Ô XVIII. Sainte KUsabclh de Schonaugc.

La même année, mil cent cinquante-six, on découvrit à Cologne plusieurs tombeaux avec leurs inscriptions, portant que c'étoit de sainte Ursule, vierge et martyre, et de ses compagnes, que l'on y honoroil au moins depuis trois cents ans (1). Un trouva ensemble les noms de plusieurs evêques et autres saints [XTsonnages, que Ion disoit lesavoir accompagnées. Gerlac, abbé de Duits, envoya les principales et les plus remarquables de ces inscriptions à Elisabeth, religieuse de Schonauge, espérant qu'elle en auroit quelque révélation, et qu'elle pourroit l'assurer si on y devoit croire ou non ; car il avoit quelque soupçon de ceux qui avoient trouvé ces corps saints, et craignoit qu ils n'eussent fait faire ces inscriptions par le désir du gain. C'est ainsi qu'en parle Elisabeth elle-même (2).

Elle étoit née en mil cent trente, et à l'âge de doiizeaiisou environelleentradansle monastère de Schonauge, situé au diocèse de Trêves, à seize milles de Ringue (3). 11 étoit proche d'un monastère d'hommes, fondé en mil cenlvin^'tcinq, et dédié à saint Florin, confesseur, qui vivoit à Coblentz au commencement du septième siècle, et que l'église honore le dix-septièmede novembre. Cemonastèrede bénédictins eut pour premier abbé llildclin : il prit le nom de Schonauge, du lieu de sa situation, ainsi nommé à cause de sa belle vue , et le moiiastére des filles, qui fut depuis bâti tout proche, en dépendoit. En l'année mil cent cinquante-deux , Elisabeth, étant âgée de vingt -trois ans' commença à avoir des extases et des visions : ce qui lui arrivoit ordinairenn*nt les dimanches et les fêtes aux heures de l'oflice divin. Comme plusieurs personnes désiroient savoir ce qu(^ Dieu lui révéloit, elle le découvrit, par ordre de l'abbé llilddin , à un frère qu'elle avoit, nommé Egbert, chanoine de l'église de Ronn ; mais elle eut bien de la peine à s'y résoudre, craignant que les uns la prissent pour une sainte, les aulres pour une hypocrite qui voulût imposer, ou pour une folle. Enfin, de peur de résister à la volonté du Dieu, elle racontoit à son frère ce qu'elle voyoit et entendoit de jour en jour, et il l'écrivoit d'un style simple, où il ne paroît rien ajouter du sien.

llencomposaquatrelivres, dont le troisième, intitulé des A oies du Seigneur , conli(Mit plusieurs exhortations utiles pour les difierents états des chrétiens : la vie contemplative , la vie active, le mariage, la continence parfaite. Elisabeth y fait de terribles reproches aux prélats de son temps, qui vi voient la plupart dans le faste et la pomix» séculière , dans les

AndeJ.-C.1156]

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