‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2079 sur 2407 · LIVRE SOIXANTE-DIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE-DIXIÈME

^XXIV. Pierre Lombard, maître des sentences.

Le même année mil cent cinquante-neuf, mourul Thibaut, évèque de Paris, et par sa mort l'évéché et la regale étant venus en la main du roi , il donna la chevècerie qui en lùiisoit partie aux religieuses dHières, pour en jouir toutes les fois que le siège seroit vacant (3). C'est le premier titre que j'aie n»ntôrqué où il soit fait mention expresse de la régale du roi de France. Le successeur de Thibaut fut Pierre Lombiird, à qui l'on dit que Philippe, archidiacre de Paris, frère du roi Louis, céda son droit, ayant été élu évéque. Mais Pierre ne tint pas long-temps ce siège , puisqu'il piuoît, par des actes authentiquées,

que Maurice, son successeur, éloil évé(|ue d(» Paris dès l'an mil cent soixante. Pierreeloit né près de Novare (»n Lombardie ; après avoir étudié à RouloîJrneil vint en France, étant rtHommandé à saint Bernard par lévéque Luques, qui le prioit de pourvoir à sa suksislance pendaiit le peu de Itmips qu'il demeureroit en ce royaume pour sts éludes (1). Saint Bernard y pourvut pendant que Pierre fut à Reims; et quand il vint à Paris il le rec(Mnmanda do méuïe à Gilduin , abbé de Siiint-Viclor , suî>lisant qu il ne devoit pas y faire un long séjour. Mais Pierre lit un tel i)rogrès dans les sci(»nces, principalement dans la théologie, qu'il devint le plus fameux docteur de l'école de Paris.

Il est principalement connu sous le nom de maître des sentences, à cause de l'ouvrage qu'il a couiposé sous ce titre , parce que c'est un HK-ueil des pa.s.sages des i)ères, dont il concilie les contradictions apparentes, à peu près comme Gratien dans son décret. Cet ouvrage de Pierre Loîiihard est un corps entier de théologie, diviî-é (Ml quatre livres, et chaque livre en plusic^urs dislinclions. Dans \c pn^ niier, il Iraile de la Irinilé, et ensuite des attributs; dans le second, de la création, et premièrement des aLigcs, puis de louviage des six jours, de la création de l'homme et de sa chute, et à cetle occasion de la grâce et du libre arbitre, du péché originel et du péché actuel; dani le troisième livre, il traite de rincarnalion, et, à l'occasion des piTlections de Jésus-Christ, il parle de la foi, (K; l'espérance et de la charité, d(»s dons du Saint- Esprit et des connuandements de Dieu ; dans le quatrième, il Iraite des sacrements en général et en particulier; et sur l'eucharistie il ne manque pas de prouver la présence réelle (-2). A l'occasion de la pénitence, il parle du purgatoire, et à l'occasion de l'ordre il traite de la simonie. H finit par la résurrection, le jugemeiit dernier et l'état des bienheureux. Telle est la matière du livre des sentences.

L'auteur y raisonne peu, et y dit peu de

chose de lui-même; ce n'est presque qu'un

tissu de.s passages dos pères, particulièrement

de saint Augustin. Quoique le livre soit court

[ à proportion de la matière, il ne laissii pas

I d'y avoir plusieurs questions qui paroissent

' aujourd'hui peu nécessiiires, comme la plupait

I de celles qu'il traite sur la nature des anges

et sur hmr péché, et qu'il ne rés^)ut que |)ar

[ des vraisemb!anL(;s. Connue quand il traite

de l'ouvrage des six jours, et suit les prin-

I cipes de la mauvaise physique qui régnoit

I alors, supposant, par exemple, le tirmament

! solide elles petits animaux produits de corru[)-

.1) Kp. 20, 11, U, 1-2, fi, \.) > al: Ulu.

::V f\nb. de Monte, ann.

ÎIVî. (iall. Chr. loin. 1, p.

Dub u!.;l

Ub. Gall c.

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