XLVIII. Alexandre reconnu en France et en Angleterre
Philippe, abbé de l'Aumône, de l'ordre de Cîteaux au diocèse de Chartres, dont j'ai déjà parlé, contribua beaucoup à faire connoître le pape Alexandre en France et en Angleterre (2). Comme sa vertu lui donnoit une grande autorité, le pape lui avoit écrit de travailler à cette affaire, et il lui répondit en ces termes : J'ai
(1) Slip. n. a. Sup n.2Ç. (3) Jo. Sarisb. Ep. 6<,
présenté votre lettre au roi d'Angleterre qui l'a reçue agréablement, et, après avoir délibéré avec les siens et avec nous , il vous a reconnu comme pape , il vous présente par nous son obéissance , et vous enverra dans peu ses députés ; mais il a voulu que je vous en écrivisse le premier, alin que vous appreniez ses intentions plus secrètement et plus promplement. J'ai envoyé votre lettre générale aux évéquesd'Angleterre par un homme (idéle, avec Gilbert, évêque d'Herford, et Hilaire de Chichester, fort alTectionnés à votre personne et à votre cause. Je suis allé tout de suite vers le roi de France qui, comme prince catholique, vous est aussi très-a(Teclionné ; et vous l'auroit déjà montré par les effets, si plusieurs affaires importantes ne l'en avoient empêché. Il vous envoie, par mon ministère, une lettre de compliment , mais qui doit demeurer secrète, jusqu'à ce que les deux rois assemblés vous donnent une déclaration publique de leur obéissance, ce qui se fera incessamment, parce qu'ils sont prêts à faire la paix entre eux. Et ensuite : Sachez que tous les archevêques , les évéques et les autres prélats consentent à votre élection. L'assemblée de l'église anglicane se tint en effet. On y lut plusieurs pièces par lesquelles les deux papes prélendoient soutenir leur droit ; on lut ensuite les canons, et il survint des témoins que l'on n'altendoit point, qui rendirent la vérité plus manifeste. L'assemblée toutefois ne forma aucun jugement, réservant la décision au roi ; mais elle dressa son avis , que l'archevêque Thibaut envoya au roi par Rainald, ion archidiacre, et Guillaume de JNer, son chapelain. Ensuite l'archevêque, ayant reçu la réponse du roi ( 1 ), Ut un mandement adressé à tous les évêques d'Angleterre , par lequel il leur déclare qu'Alexandre est le pape légitime, reçu par l'église anglicane et la gallicane, et qu'Octavien est condamné avec ses iauteurs, comme manifestement schismatique. C'est pourquoi il leur ordonne de rendre respect et obéissance au pape Alexandre.
Le roi d'Angleterre, deson côté, fit une autre assemblée au mois de juillet mil cent soixante, au Neuf-iMarché, dans le pays de Caux, à six lieues de Beauvais, où il assembla tous les évêques de Normandie avec les abbés et les barons (2). En même temps, le roi de France assembla aussi les siens à Beauvais ; dans l'une et l'autre assemblée on traita de l'alîaire du schisme, et tous s'accordèrent de reconnoltre le pape Alexandre et de rejeter Yictor.
•XLIX. Hérétiques punis en Angleterre.
Cependant on tint en Angleterre un autre concile pour juger des hérétiques que le peuple nommoit publicains (3). Ils étoient sortis ori-
[AndcJ -G. 1160.
AndcJ.-C. llôl.j